Cette hausse du coût met en lumière l’ampleur des ajustements financiers intervenus depuis le lancement du chantier. Pour tenter de boucler le financement, le gouvernement gabonais, GSEZ Airport SA et un pool bancaire régional ont conclu, le 4 juillet 2025, une facilité de financement de 290 millions d’euros, soit environ 190 milliards de FCFA. Afreximbank participe à hauteur de 100 millions d’euros, tandis que BGFI Bank Gabon et AFG Bank Cameroun apportent conjointement 190 millions d’euros.
Le montage financier a toutefois connu un important changement de configuration. La Banque de développement des États de l’Afrique centrale, initialement appelée à participer au financement, s’est finalement retirée du dispositif. GSEZ Airport a donc dû revoir sa stratégie et rechercher de nouveaux partenaires afin de compenser cette évolution et sécuriser les ressources nécessaires à la poursuite du projet.
Au cœur de l’équation figure également la question du remboursement de la dette. Une partie importante du mécanisme repose sur la redevance passager R4, dont les recettes sont désormais directement affectées au concessionnaire. À cela s’ajoutent plusieurs mesures fiscales et tarifaires, notamment l’extension de la R4 à l’ensemble des aéroports du pays, la réinstauration de la TVA à 18 % sur les vols domestiques et la création d’une redevance Sécuriport.
Selon les projections de Fly Gabon, ces différentes mesures pourraient générer environ 80,2 milliards de FCFA de recettes annuelles. Un niveau de recettes qui fait toutefois peser une partie de l’équilibre économique du projet sur les compagnies aériennes et les passagers, alors que le prix du transport aérien demeure déjà élevé dans la sous région.
Cette perspective nourrit les interrogations des acteurs du secteur. Fly Gabon estime notamment entre 42 et 110 milliards de FCFA le coût de plusieurs aérogares comparables récemment réalisées en Afrique centrale et de l’Ouest. La comparaison soulève donc des questions sur la structure des coûts du futur aéroport d’Andeme et sur sa capacité à assurer, à terme, un retour sur investissement sans affecter davantage la compétitivité des tarifs aériens au départ de Libreville.
Pour le Gabon, le principal défi est désormais clair : sécuriser les 178 milliards de FCFA encore nécessaires tout en garantissant un modèle économique soutenable. La gestion des recettes issues de la R4 et leur articulation avec les engagements pris auprès de l’IATA constituent également des points importants à clarifier. L’avenir du projet dépendra ainsi autant de sa réalisation physique que de la capacité des autorités et du concessionnaire à construire un équilibre financier durable pour le futur hub aérien de Libreville.















































