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Le sujet était au centre d’un entretien tenu au Palais Rénovation entre le chef de l’État et la ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba. Les échanges ont notamment porté sur les difficultés qui affectent le fonctionnement du Pôle national pour la promotion de l’emploi, ainsi que sur les obstacles rencontrés dans le secteur de la formation professionnelle.

Pour le président de la République, les dispositifs publics destinés à accompagner les demandeurs d’emploi doivent pouvoir répondre efficacement aux attentes des populations. Les difficultés techniques rencontrées sur certaines plateformes numériques du PNPE, tout comme les problèmes liés à l’organisation des examens et concours professionnels, constituent donc des points à corriger rapidement.

Le gouvernement est appelé à apporter des solutions durables afin de rendre les services liés à l’emploi plus accessibles et plus efficaces. Derrière cette volonté de réorganisation se trouve une ambition plus large : faire du numérique un véritable outil au service de l’insertion professionnelle.

Le PNPE doit notamment renforcer son rôle de passerelle entre les entreprises à la recherche de profils et les Gabonais en quête d’opportunités. Une évolution qui concerne également les ressortissants gabonais vivant à l’étranger. La diaspora dispose de nombreuses compétences susceptibles de répondre à certains besoins du marché national, à condition de disposer de mécanismes permettant de mieux les identifier et de les connecter aux opportunités disponibles.

Mais la stratégie présidentielle ne s’arrête pas à la mise en relation entre employeurs et candidats. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la question de l’emploi commence bien avant l’entrée sur le marché du travail, avec la qualité et la pertinence de la formation reçue.

C’est notamment dans ce contexte que l’organisation des examens et concours de la formation professionnelle fait l’objet d’une attention particulière. Le renforcement des moyens consacrés à ces opérations apparaît nécessaire pour garantir leur bon déroulement, mais aussi pour assurer le paiement des vacations dues aux personnels mobilisés lors des évaluations.

Au-delà de ces questions administratives, c’est surtout l’adéquation entre les formations proposées et les besoins de l’économie qui se trouve au cœur de la réflexion.

Le Gabon veut en effet disposer d’une main d’œuvre capable d’accompagner les grands projets engagés dans le pays. Les secteurs de l’énergie, du pétrole, du gaz, du numérique, des infrastructures, de l’industrie, de l’agriculture ou encore du bâtiment nécessitent des profils techniques de plus en plus spécialisés.

Cette orientation avait notamment été mise en avant par le chef de l’État lors de sa visite à l’Institut du Pétrole et du Gaz de Port Gentil. L’accent avait alors été mis sur l’importance des formations scientifiques et techniques pour permettre au pays de disposer de ressources humaines capables d’accompagner le développement de ses infrastructures et de ses nouvelles activités économiques.

La même logique apparaît dans les orientations données au système universitaire. La mise en service de l’Université Internationale Brice Clotaire Oligui Nguema du Cap Estérias traduit notamment la volonté de diversifier les parcours et de renforcer certaines filières liées aux besoins de l’économie. Les domaines technologiques, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration figurent parmi les secteurs mis en avant.

Pour les autorités, l’enjeu n’est donc plus simplement de former davantage de diplômés. Il s’agit surtout de former des professionnels dont les compétences peuvent être directement valorisées sur le marché du travail.

Cette approche place les entreprises au centre du dispositif. Car sans débouchés économiques, même une politique ambitieuse de formation risque de ne pas produire les résultats attendus en matière d’emploi.

C’est pourquoi le président de la République cherche également à mobiliser davantage le secteur privé. Lors de ses échanges avec la Fédération des entreprises du Gabon et les responsables de PME et PMI, il avait appelé les acteurs économiques à transformer les ressources disponibles en investissements, en capacités de production et en emplois, tout en encourageant l’émergence d’entreprises nationales capables de jouer un rôle majeur dans l’économie.

La politique de l’emploi se retrouve ainsi au croisement de plusieurs chantiers. Il faut former, mais aussi produire. Il faut accompagner les demandeurs d’emploi, mais également permettre aux entreprises de recruter les profils dont elles ont besoin. Il faut enfin moderniser les services publics pour rendre les opportunités plus visibles et plus accessibles.

Pour le président Oligui Nguema, le plein emploi ne peut donc pas être réduit à une simple question de recrutement. Il dépend aussi de la transformation de l’économie gabonaise et de sa capacité à créer durablement de nouvelles activités.

La bataille qui s’annonce est ainsi celle de l’employabilité. Le défi consiste désormais à faire coïncider les ambitions de formation avec les besoins concrets des entreprises et les grands projets de développement du pays.

Pour une jeunesse gabonaise confrontée à des difficultés d’accès au marché du travail, cette équation sera déterminante. La réussite de la réforme se mesurera moins au nombre de dispositifs annoncés qu’à leur capacité à déboucher sur des formations adaptées, des compétences reconnues et, surtout, des emplois réels.

Le cap fixé par le chef de l’État est désormais clairement établi : faire de la formation, de l’insertion professionnelle et de la création d’emplois des leviers complémentaires de la transformation économique du Gabon.

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