Ogooue-info

Réalisée à partir d’octobre 2024 par les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé, avec le soutien de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette étude met en évidence plusieurs difficultés auxquelles les élèves sont confrontés. Si les plateformes numériques facilitent les échanges entre adolescents, elles peuvent aussi servir de terrain aux insultes, aux humiliations, aux menaces et à la diffusion de contenus destinés à blesser ou à ridiculiser une personne.

Avec près d’un élève interrogé sur dix déclarant avoir subi ce type de violences, le phénomène mérite une attention particulière. Contrairement aux agressions qui se produisent dans la cour de récréation, le cyberharcèlement peut poursuivre la victime jusque chez elle, à travers son téléphone. Les messages et les publications peuvent circuler rapidement et exposer les jeunes au regard d’un grand nombre de personnes, parfois pendant une longue période.

Les chiffres présentés ne permettent toutefois pas de connaître précisément les formes de cyberharcèlement les plus fréquentes au Gabon, ni les plateformes sur lesquelles ces faits se produisent. Ils ne renseignent pas non plus sur leur fréquence ou sur les profils des élèves concernés. Ces éléments seraient pourtant utiles pour adapter les actions de prévention aux réalités vécues par les jeunes.

L’enquête met également en lumière l’ampleur des violences en milieu scolaire. D’après les résultats communiqués, 17,9 % des élèves interrogés déclarent avoir subi des violences ou du harcèlement à l’école. Ces données montrent que les difficultés rencontrées par les jeunes peuvent se manifester aussi bien dans leur environnement scolaire que dans leurs interactions numériques. Il reste cependant impossible, à partir des informations disponibles, de déterminer combien d’élèves subissent simultanément ces deux formes de violence.

D’autres indicateurs renforcent les préoccupations autour du bien être des élèves. Selon cette même enquête, 74,3 % des jeunes interrogés déclarent éprouver un sentiment de solitude, tandis que 64,3 % signalent des troubles du sommeil. Plus préoccupant encore, 22,7 % affirment avoir sérieusement envisagé le suicide. Ces résultats soulignent l’importance des enjeux de santé mentale chez les jeunes, sans établir pour autant de lien direct entre ces difficultés et le cyberharcèlement.

Face à ces constats, la prévention ne peut reposer uniquement sur les familles ou sur les établissements scolaires. L’apprentissage des bons réflexes numériques, la sensibilisation aux conséquences des violences en ligne et la possibilité de signaler les faits sans crainte de représailles constituent des leviers importants. Les victimes doivent également pouvoir bénéficier d’une écoute et d’un accompagnement adaptés, qu’il s’agisse d’un soutien psychologique ou d’une prise en charge par les responsables compétents.

Le dispositif de réponse des établissements représente un autre enjeu. Selon les données communiquées par le gouvernement, moins d’un tiers des établissements scolaires disposent d’un mécanisme formalisé de prise en charge sanitaire. Cette situation pose la question de la capacité des structures éducatives à repérer les élèves en difficulté, à les orienter vers les services appropriés et à intervenir lorsque des violences sont signalées.

Le gouvernement a par ailleurs approuvé l’inscription du programme « École ZEN » dans la programmation budgétaire du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026 2030. Les modalités précises des actions qui seront consacrées au cyberharcèlement restent toutefois à clarifier.

Au Gabon, ces résultats rappellent ainsi que la protection des élèves doit aussi intégrer les risques liés aux usages numériques. Derrière les statistiques, ce sont des jeunes dont la scolarité, les relations sociales et le bien être peuvent être fragilisés. L’enjeu consiste désormais à traduire les constats de l’enquête en mesures concrètes de prévention, de signalement et d’accompagnement, afin que l’école et les espaces numériques soient des environnements plus sûrs pour tous.

Publicité
Ogooue-info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici