Dans le parc national de Minkébé, situé dans la province de l’Ogooué Ivindo, la lutte contre l’orpaillage clandestin reste un défi majeur. Une opération de sécurisation menée les 28 et 29 septembre a conduit à l’interpellation de 19 ressortissants étrangers soupçonnés d’exploitation illégale de l’or et de pénétration non autorisée dans cette aire protégée. Selon les informations rapportées par l’Agence gabonaise de presse, le groupe comprenait 11 Camerounais, trois Tchadiens, deux Congolais, deux Nigériens et un Ivoirien. Seize d’entre eux ne disposaient pas de carte de séjour.
Cette opération témoigne de la persistance des activités minières illégales dans certaines zones forestières du pays. Quelques mois auparavant, l’opération Ekura, menée à Etéké dans la province de la Ngounié, avait également abouti à l’interpellation de 55 personnes, dont 28 ressortissants chinois. Au total, les deux opérations ont conduit à 74 interpellations en 2026, selon le bilan présenté dans les informations disponibles.
Au delà de la question de l’exploitation clandestine des ressources minières, les conséquences sur l’environnement suscitent de vives préoccupations. L’extraction artisanale non contrôlée peut entraîner la destruction du couvert végétal, la déstructuration des sols et la perturbation des cours d’eau. Le lavage des minerais augmente notamment la turbidité de l’eau et favorise l’accumulation de sédiments. Lorsque du mercure est utilisé dans le traitement de l’or, les milieux aquatiques peuvent également être contaminés, avec des risques pour les organismes vivants et les populations qui dépendent de ces ressources.
Mais la pression sur le patrimoine naturel gabonais ne se limite pas aux forêts de l’intérieur du pays. Sur le littoral, les mangroves subissent elles aussi les effets des activités humaines, notamment l’occupation des terres, les coupes illégales et l’expansion immobilière.
À Libreville et dans ses environs, la disparition de ces formations végétales représente un enjeu environnemental particulièrement important. Les données avancées dans le document de référence font état d’environ 70 hectares de mangroves perdus en trois ans, tandis qu’une estimation évoque près de 80 hectares détruits. Ces chiffres, qui nécessitent d’être rapprochés de leur périmètre géographique et de leur période de mesure, illustrent néanmoins l’ampleur des inquiétudes concernant la préservation du littoral.
Les mangroves jouent en effet un rôle essentiel dans la protection des zones côtières. Elles contribuent à stocker le carbone, à retenir les sédiments et à limiter l’érosion provoquée par les mouvements de l’eau. Elles constituent également des habitats indispensables à de nombreuses espèces et participent à l’équilibre des milieux aquatiques. Leur disparition peut ainsi fragiliser les zones côtières et aggraver certains risques environnementaux, notamment lorsque la destruction de la végétation s’ajoute à une urbanisation mal maîtrisée et à des systèmes de drainage insuffisants.
Le Gabon possède pourtant un cadre réglementaire destiné à protéger ces espaces sensibles. Des mesures de protection et des missions de contrôle ont notamment été engagées pour lutter contre les atteintes aux mangroves. Le véritable défi reste désormais d’assurer une surveillance régulière, de faire respecter les règles en vigueur et d’empêcher que les occupations illégales ne s’installent durablement.
Dans les forêts comme sur le littoral, les opérations ponctuelles ne peuvent, à elles seules, garantir la préservation des écosystèmes. La lutte contre l’orpaillage clandestin suppose un contrôle durable des sites protégés, tandis que la sauvegarde des mangroves nécessite une meilleure maîtrise de l’occupation foncière et des activités menées sur les zones côtières.
Pour le Gabon, l’enjeu dépasse la seule protection de la biodiversité. Il concerne aussi la préservation des ressources naturelles, la sécurité des populations exposées aux risques environnementaux et la capacité du pays à conserver ses espaces naturels face aux pressions économiques et urbaines. La richesse écologique du territoire constitue un patrimoine précieux, mais sa protection dépendra de la continuité des contrôles et de l’application effective des mesures de sauvegarde.


















































