Après plusieurs années de lutte acharnée contre la pollution plastique, le Gabon, reconnu pour sa biodiversité exceptionnelle, voit resurgir un fléau bien connu : les sachets plastiques non biodégradables. Cette menace croissante pour l’environnement et la santé publique découle en grande partie du manque de suivi des réglementations et de la faiblesse des sanctions, un problème qui est devenu de plus en plus évident depuis les changements politiques récents.
Dans les années précédentes, le pays avait fait de réels progrès dans la réduction de l’utilisation des plastiques. Des mesures rigoureuses avaient été instaurées, obligeant commerçants et importateurs à se conformer à la loi de 2010, interdisant l’utilisation des sachets plastiques. Ces actions avaient porté leurs fruits, mais depuis la fin de ce processus de contrôle, une lente mais inquiétante recrudescence de ces déchets a envahi les rues et les marchés.
Les autorités actuelles peinent à prendre des mesures concrètes. Le ministre de l’Environnement, Maurice Ntossui Allogo, semble inactif face à la situation, tandis que la Brigade de l’Environnement et les autres institutions chargées de réguler ce secteur se montrent désorganisées et inefficaces. Cela a permis aux importateurs de plastique bon marché de reprendre leurs activités sans aucune résistance, mettant à mal les initiatives locales en faveur d’alternatives écologiques.
Les conséquences sont immédiates. Lors des premières pluies, les caniveaux obstrués par les déchets plastiques entraînent des inondations dans les zones urbaines, notamment dans les quartiers les plus vulnérables, créant ainsi des conditions propices à la propagation de maladies. La menace pour la santé publique et l’environnement est réelle, et la question se pose : que faire pour inverser cette tendance ?
Ce combat ne peut se limiter à des déclarations occasionnelles. Il exige une action coordonnée, des contrôles renforcés, et surtout, une volonté politique claire et durable. Le Gabon ne doit pas laisser son image de “poumon vert” être ternie par une mer de plastique. Si des mesures concrètes et continues ne sont pas prises, la situation risque de devenir irréversible. La balle est maintenant dans le camp des autorités : il est temps d’agir.

















































