Le groupe minier marocain Managem ne cache plus ses ambitions au Gabon. Déjà présent sur le terrain depuis plusieurs années, il franchit aujourd’hui un cap en injectant plus de 85 milliards de FCFA dans le développement de ses projets aurifères. Un investissement massif qui, au-delà des chiffres, traduit une confiance renouvelée dans le potentiel du pays.

Mais cette dynamique ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un contexte politique et économique particulier, marqué par la volonté affichée du président Brice Clotaire Oligui Nguema de redéfinir les bases de l’économie gabonaise.
Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’État martèle un objectif : mieux valoriser les ressources naturelles du pays et attirer des investissements structurants, capables de créer de la richesse sur le long terme. Dans cette logique, le secteur minier apparaît comme un levier clé, encore largement sous-exploité par rapport à son potentiel réel.
C’est dans ce cadre que le projet d’Etéké, situé dans la province de la Ngounié, prend tout son sens. Encore en phase de développement, ce gisement pourrait devenir l’un des piliers de la production aurifère nationale dans les prochaines années. L’entrée en exploitation est attendue autour de 2028, avec une production estimée à près de 60 000 onces d’or par an.
Pour les populations locales, ce type de projet suscite autant d’espoir que d’interrogations. Espoir de voir émerger des emplois, des infrastructures, une activité économique plus dynamique. Mais aussi attente forte : celle de retombées concrètes, visibles et durables.
Car c’est bien là que se joue la crédibilité de la nouvelle orientation politique. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema insiste régulièrement sur la nécessité de rompre avec une économie de rente peu redistributive, où les ressources quittent le pays sans transformation suffisante.
De son côté, Managem semble vouloir s’inscrire dans cette dynamique. Le groupe ne se contente plus d’explorer : il investit aussi dans les infrastructures nécessaires au développement du projet. Routes, logistique, équipements… autant d’éléments indispensables pour ancrer l’activité dans le tissu local.
À terme, l’objectif est clair : faire du Gabon un pôle minier crédible en Afrique centrale. Une ambition qui rejoint celle des autorités, désireuses de diversifier l’économie au-delà du pétrole.
Mais le véritable défi reste à venir. Transformer cette richesse potentielle en bénéfices concrets pour le pays. Cela suppose une gouvernance rigoureuse, une gestion transparente et une volonté politique constante.
Dans un monde où l’or reste une valeur refuge, l’opportunité est réelle. Reste à savoir si le Gabon saura la saisir pleinement.















































