Ces dernières semaines, un phénomène discret mais révélateur agite le système bancaire en Afrique centrale : les banques ont de plus en plus de mal à mettre la main sur les liquidités dont elles ont besoin pour fonctionner sereinement.
La dernière opération menée par la Banque des États de l’Afrique Centrale en dit long. L’institution avait prévu d’injecter 400 milliards de FCFA dans le circuit bancaire. Mais en face, les demandes ont largement dépassé ce montant, atteignant près de 500 milliards. Résultat : toutes les banques n’ont pas pu être servies.
Derrière ces chiffres, il y a une réalité simple : l’argent circule moins facilement. Les banques doivent faire face à des besoins croissants — financer les entreprises, accompagner les particuliers, respecter leurs équilibres financiers — dans un contexte où les ressources sont plus limitées.
Et la situation se complique davantage lorsque les banques tentent de s’entraider. Sur le marché interbancaire, où elles se prêtent entre elles, les taux d’intérêt grimpent. Emprunter auprès d’une autre banque devient parfois plus coûteux que de solliciter directement la banque centrale. Un paradoxe qui en dit long sur la tension actuelle.
De son côté, la BEAC reste fidèle à sa ligne : prudence et rigueur. Pas question d’inonder le marché de liquidités au risque de raviver l’inflation. Les taux sont maintenus à des niveaux relativement élevés, ce qui contribue à calmer le jeu… mais rend aussi l’accès au financement plus exigeant.
Cette situation n’est pas sans conséquence. À terme, elle pourrait se traduire par des crédits plus difficiles à obtenir ou plus chers, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers. En d’autres termes, c’est toute l’économie réelle qui pourrait ressentir les effets de cette pression financière.
Faut-il y voir une simple tension passagère ou le signe d’un tournant plus profond ? Difficile à dire pour l’instant. Mais une chose est certaine : dans la zone CEMAC, la question de la liquidité est devenue un enjeu majeur, et les prochaines décisions de la banque centrale seront scrutées de très près.


















































