Le message présidentiel marque une volonté de passer à une nouvelle étape dans la transformation de Libreville. Pour Oligui Nguema, l’amélioration du cadre urbain ne relève pas uniquement des pouvoirs publics. Les propriétaires sont également appelés à assumer leurs responsabilités, alors que certains immeubles et chantiers restent inachevés pendant de longues années.
« Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité », a déclaré le président de la République, s’adressant directement aux propriétaires concernés. Une position qui place la question de l’entretien et de l’achèvement des constructions au cœur de l’ambition affichée pour moderniser la capitale.
Le gouvernement devra ainsi procéder aux mises en demeure nécessaires et fixer des délais pour l’achèvement des travaux. L’objectif est de permettre aux propriétaires de régulariser les situations concernées avant toute mesure plus contraignante. Mais le chef de l’État prévient que les situations d’abandon qui perdureraient pourraient conduire l’État à prendre ses responsabilités.
La possibilité d’une réquisition pour cause d’utilité publique constitue ainsi le principal levier évoqué dans cette nouvelle orientation. Le président demande au gouvernement de mettre en place les mesures normatives nécessaires, tout en respectant le cadre constitutionnel et le droit de propriété. Cette éventualité intervient notamment lorsque des sites durablement abandonnés sont susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’image de la capitale.
Derrière cette offensive contre les chantiers inachevés se trouve une ambition plus large : faire de Libreville une vitrine de la transformation engagée par les autorités. Le président veut une capitale plus attractive, mieux entretenue et à la hauteur des ambitions affichées pour le pays.
Cette transformation ne devrait toutefois pas reposer uniquement sur les investissements publics. Dans son discours, Brice Clotaire Oligui Nguema a également appelé les citoyens à participer à l’amélioration de leur environnement. « Le civisme n’est pas un slogan, il commence devant notre porte », a-t-il lancé, invitant notamment les habitants à entretenir leurs maisons, leurs clôtures et à respecter les espaces publics.
La perspective d’un prochain sommet de l’Union africaine au Gabon renforce par ailleurs l’urgence donnée à cette transformation. Pour le chef de l’État, un tel rendez-vous continental doit permettre au pays de démontrer sa capacité d’organisation, son hospitalité et la qualité de ses infrastructures. L’accueil d’une importante rencontre internationale ne doit donc pas se limiter à l’aspect protocolaire, mais constituer une occasion de présenter une capitale à la hauteur de ses ambitions.
Avec cette nouvelle directive, le gouvernement devra désormais passer aux actes : identifier les sites concernés, adresser les mises en demeure, fixer les délais et, si nécessaire, mettre en œuvre les procédures prévues par la loi. Pour les propriétaires d’immeubles et de chantiers abandonnés, le signal présidentiel est désormais clair : l’état du patrimoine privé situé dans les principaux axes de Libreville est désormais considéré comme une question relevant aussi de l’intérêt collectif.
À travers cette offensive, Brice Clotaire Oligui Nguema veut faire de la transformation du paysage urbain l’un des marqueurs de la nouvelle étape de développement de Libreville. Une ambition résumée par une formule du chef de l’État : « Libreville la belle doit refléter l’exigence, la dignité et l’ambition de la Ve République.

















































