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Pour Marc Ona Essangui, il est difficile de présenter la procédure judiciaire française comme une initiative née avec les autorités issues de la Transition. Le dossier trouve ses premières origines dans des démarches engagées par des organisations de la société civile à partir de 2007, avant même l’arrivée d’Ali Bongo à la présidence en 2009.

Mais le sénateur insiste surtout sur un autre élément : l’État gabonais s’est lui même constitué partie civile dans cette procédure alors qu’Ali Bongo était encore président de la République. Après un premier refus du juge d’instruction, la Cour d’appel de Paris a reconnu à la République gabonaise la qualité de partie civile le 14 mars 2023, soit plusieurs mois avant le changement de régime du 30 août 2023.

Cette chronologie constitue l’un des principaux arguments avancés par Marc Ona Essangui. Selon lui, le débat actuel ne peut donc pas être présenté comme une procédure entièrement initiée par les autorités arrivées au pouvoir après 2023.

La prise de parole d’Ali Bongo intervient alors que le dossier judiciaire français connaît une nouvelle étape. En juillet 2026, le parquet national financier français a requis le renvoi de plusieurs membres de la famille Bongo devant le tribunal correctionnel de Paris. Ali Bongo lui même n’est pas visé par ce volet de la procédure.

C’est dans ce contexte que l’ancien président a dénoncé les termes employés autour de cette affaire, estimant qu’ils portaient atteinte à la mémoire de son père. Marc Ona Essangui a, de son côté, appelé à revenir aux faits et à la chronologie judiciaire du dossier.

Mais l’intervention du sénateur ne s’arrête pas à la procédure française. Elle s’étend également à la question de l’héritage laissé par Omar Bongo et à la manière dont certains symboles associés à son règne ont été traités.

Marc Ona Essangui cite notamment la résidence familiale d’Omar Bongo ainsi que la Cité de la Démocratie. Il considère que certaines décisions prises durant la présidence d’Ali Bongo ont contribué à modifier ou à faire disparaître des éléments qui participaient à la mémoire de son père.

C’est dans ce cadre qu’il formule une accusation particulièrement forte : « S’il y a une personne qui a le plus contribué à effacer la mémoire de son père, c’est Ali Bongo. Les faits sont là », rapporte son intervention. Cette affirmation constitue l’analyse personnelle du sénateur et ne saurait être présentée comme un fait établi.

Marc Ona Essangui établit parallèlement un contraste avec certaines décisions prises depuis l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema. Il cite notamment la rénovation du Palais des Congrès, qui conserve le nom d’Omar Bongo Ondimba, comme un exemple de maintien d’un symbole associé à l’ancien président.

À travers cette comparaison, le sénateur déplace donc la question. Pour lui, défendre la mémoire d’un ancien chef de l’État ne signifie pas empêcher l’examen de son patrimoine, de son époque ou des procédures judiciaires qui lui sont liées.

Le débat dépasse ainsi la seule confrontation entre Ali Bongo et les autorités actuelles. Il pose une question plus large sur ce que le Gabon souhaite conserver de l’héritage d’Omar Bongo : les infrastructures, les institutions, les lieux emblématiques ou encore les souvenirs liés à plus de quatre décennies de pouvoir.

La controverse autour des « biens mal acquis » prend dès lors une dimension qui dépasse le seul terrain judiciaire. D’un côté, Ali Bongo défend la mémoire de son père face aux accusations formulées dans le cadre de la procédure française. De l’autre, Marc Ona Essangui rappelle que l’État gabonais avait déjà rejoint cette procédure sous la présidence d’Ali Bongo et estime que les actes posés au fil des différentes périodes politiques doivent être pris en compte.

Alors que la justice française poursuit son travail, le débat gabonais se déplace donc également vers la mémoire politique d’Omar Bongo. Une question demeure au centre des échanges : qui a réellement contribué à préserver son héritage et quels éléments de cette mémoire doivent encore être conservés ?

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