Dans les villages autour de Tchibanga, le calendrier habituel des cultures est déjà perturbé. Les premières pluies, généralement attendues dès le début du mois de septembre, ne sont pas suffisamment présentes pour permettre aux cultures de se développer dans de bonnes conditions. Certains producteurs avaient pourtant déjà mis leurs semences en terre en se basant sur le cycle habituel.
Pour ces agriculteurs, chaque jour supplémentaire sans précipitation augmente le risque de voir les plants dépérir. « Ce ne serait pas surprenant que beaucoup d’entre nous enregistrent de fortes pertes, vu que les pluies ne viennent pas alors que les plantes sont déjà en terre », témoigne Patrick Nziengui, cultivateur au village Louango.
La situation pousse également certains habitants à revoir leurs habitudes. Dans les quartiers de Tchibanga, les jardins installés dans les cours et les arrière cours prennent davantage d’importance. Bananiers plantains, manioc et autres cultures vivrières sont ainsi cultivés à proximité des habitations pour répondre aux besoins des familles.
Mais même ces petits espaces agricoles restent dépendants de la pluie. Face à l’incertitude, certains habitants préfèrent attendre avant de mettre leurs cultures en terre. Des terrains déjà défrichés et brûlés restent ainsi en attente des premières pluies, afin d’éviter d’engager des semis qui pourraient être perdus en cas de sécheresse prolongée.
À cette difficulté climatique s’ajoute un autre problème auquel sont confrontés les agriculteurs de la région : les incursions d’éléphants dans les zones de culture situées à proximité des espaces forestiers. Entre les dégâts provoqués par ces animaux et les conditions météorologiques difficiles, les producteurs doivent composer avec plusieurs risques susceptibles de fragiliser leurs récoltes.
Pour les habitants, cette situation n’est pas seulement une question de météo. Dans une province où de nombreux ménages dépendent directement de leurs productions agricoles pour se nourrir et générer des revenus, une mauvaise saison pourrait avoir des conséquences sur l’alimentation et les ressources des familles.
Le retard des précipitations alimente également les interrogations sur l’évolution des saisons. Des habitants habitués à voir la saison des pluies s’installer progressivement après la grande saison sèche constatent depuis plusieurs années des changements dans le rythme des précipitations.
À Tchibanga, l’inquiétude reste donc suspendue à l’arrivée des pluies. Pour les agriculteurs qui ont déjà semé, il s’agit désormais de sauver les cultures en place. Pour ceux qui n’ont pas encore commencé leurs travaux, la prudence domine. Dans les deux cas, la prochaine pluie est particulièrement attendue, car elle pourrait déterminer la suite de la saison agricole dans une partie de la Nyanga.
















































