Le 15 mai 2026, l’État gabonais et Havilah Mining Gabon ont signé la convention d’exploitation du gisement, officialisant le passage du projet vers la phase opérationnelle après plusieurs années d’exploration. Selon les données communiquées lors de cette signature, les réserves exploitables sont estimées à environ 500 millions de tonnes de minerai de fer.
Pour démarrer son activité, l’opérateur prévoit de cibler en priorité près de 35 millions de tonnes de minerai à expédition directe, appelé DSO pour Direct Shipping Ore. Ce minerai à haute teneur présente l’avantage de pouvoir être exporté sans passer par une transformation lourde, ce qui doit faciliter la mise en route des premières opérations commerciales.
Mais le projet arrive à cette nouvelle échéance après plusieurs changements de calendrier. Présentée comme imminente dès 2024, l’entrée en exploitation avait ensuite été annoncée pour le second semestre 2026 avant que le gouvernement ne fixe finalement novembre 2026 comme échéance de démarrage. L’annonce d’une première exportation avant la fin de cette année place donc désormais l’opérateur face à une étape concrète : extraire le minerai, l’acheminer et parvenir à son expédition effective.
L’enjeu est d’autant plus important que Milingui doit désormais passer des annonces aux résultats visibles sur le terrain. Pour sa première phase, Havilah Mining Gabon avait annoncé environ 530 emplois directs et 1 100 emplois indirects. Une deuxième phase, prévue dans les années suivantes, pourrait porter ces effectifs à environ 830 emplois directs et plus de 2 000 emplois indirects.
La mise en exploitation du gisement intervient également dans un contexte économique particulier. Pour la première fois, le gouvernement a intégré le minerai de fer dans les hypothèses de production du projet de loi de finances 2027, avec un volume projeté de 1,5 million de tonnes. Le projet de budget, adopté en Conseil des ministres le 18 septembre 2026, prévoit par ailleurs un budget de 6 223,1 milliards de FCFA pour l’exercice 2027.
Cette inscription donne une importance supplémentaire au calendrier de Milingui, même si les documents budgétaires ne précisent pas que les 1,5 million de tonnes prévues en 2027 proviendront exclusivement de ce gisement. Plusieurs projets de fer sont en effet développés au Gabon.
Pour la Nyanga, les attentes sont également fortes. Le développement de Milingui doit favoriser l’activité économique autour de la mine, soutenir l’emploi et renforcer progressivement la contribution du secteur extractif à l’économie nationale.
Le véritable test commence donc maintenant. Après les années d’exploration, les annonces successives et la signature de la convention d’exploitation, le projet doit désormais démontrer sa capacité à produire et à exporter effectivement son minerai.
Si le calendrier annoncé est respecté, les premières cargaisons de fer de Milingui pourraient ainsi quitter le Gabon avant la fin de 2026. Une concrétisation qui ferait entrer le projet dans une nouvelle phase et donnerait au minerai de fer une place plus visible dans la stratégie de diversification de l’économie gabonaise.
















































