Ogooue-info

C’est une page d’histoire politique qui s’est écrite hier, dimanche 28 décembre 2025, en République centrafricaine. Pour la première fois, les électeurs étaient convoqués aux urnes pour un quadruple scrutin simultané visant à élire le Président de la République, les députés, mais aussi — fait inédit depuis 1988 — les conseillers régionaux et municipaux.

Dès l’aube, de longues files d’attente se sont formées devant les bureaux de vote de la capitale et des grandes villes de province.

Selon l’Autorité Nationale des Élections (ANE), près de 2,2 millions d’électeurs inscrits étaient attendus pour départager les candidats.

Dans chaque bureau, quatre urnes distinctes et quatre bulletins de couleurs différentes attendaient les votants.

Au cœur de toutes les attentions, la présidentielle. Le chef de l’État sortant, Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, brigue un troisième mandat.

Face à une opposition divisée mais combative, menée notamment par les anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, le président sortant a fait campagne sur la « continuité » et la « souveraineté retrouvée ».

La grande crainte de ce scrutin résidait dans la capacité des groupes armés à perturber le vote, spectre des élections violentes de 2020.

Mais hier, c’est le calme qui a prévalu sur la quasi-totalité du territoire, du fait notamment d’un dispositif sécuritaire sans précédent.

Outre les patrouilles conjointes des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et des Casques bleus de la MINUSCA, la sécurité a été massivement renforcée par les partenaires bilatéraux de Bangui.

Les forces spéciales russes de l’Africa Copr et les forces spéciales rwandaises étaient visibles aux carrefours stratégiques et aux abords des bureaux de vote.

« Nous n’avons jamais vu autant d’hommes en armes pour une élection, cela rassure autant que cela intimide », confiait hier un électeur du quartier PK5.

Alors que les urnes sont désormais scellées, la tension se déplace vers le centre de compilation des données à Bangui.

L’ANE dispose de huit jours pour proclamer les résultats provisoires.

Pour l’heure, la Centrafrique retient son souffle, espérant que ce quadruple scrutin consolidera la paix plutôt que de raviver les fractures.

Publicité
Ogooue-info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici