Ce report retarde les perspectives de nouvelles recettes issues de l’exportation du gaz gabonais, mais aussi la production supplémentaire de gaz destinée au marché national. Pour un pays qui cherche à diversifier ses revenus au delà du pétrole brut, la mise en service de cette infrastructure représente un enjeu économique important.
Sur le terrain, plusieurs composantes du projet restent en cours de réalisation. Selon les informations communiquées par l’opérateur, environ 100 kilomètres de pipelines ont été installés sur les 570 kilomètres prévus, soit près de 18 % du réseau total. Les travaux du nouveau quai de Cap Lopez ont également commencé, tandis que la conversion du navire destiné au stockage du gaz et la fabrication des modules de liquéfaction se poursuivent à Dubaï.
Ces équipements sont indispensables au fonctionnement de l’ensemble industriel. Leur achèvement, leur acheminement et leur mise en service conditionneront le respect de la nouvelle échéance annoncée pour 2028. À ce stade, le calendrier révisé dépend donc encore de plusieurs étapes techniques majeures.
Une fois opérationnelle, l’installation devrait afficher une capacité de production de 700 000 tonnes de gaz naturel liquéfié par an, principalement destinées aux marchés d’exportation. Le projet prévoit également la production de gaz de pétrole liquéfié, notamment du butane. Dans ses annonces de février 2023, Perenco évoquait un objectif de 20 000 tonnes de butane par an, en complément des capacités déjà existantes au Gabon.
Pour les consommateurs gabonais, cette composante est particulièrement importante. Une production supplémentaire de butane pourrait contribuer à renforcer l’approvisionnement du marché intérieur, à condition que les volumes annoncés soient effectivement produits et distribués localement. Le report du projet repousse donc également les bénéfices potentiels associés à cette nouvelle capacité.
Au delà de l’approvisionnement, Cap Lopez représente une opportunité de mieux valoriser les ressources gazières du pays. Le gaz naturel peut constituer une source supplémentaire de revenus à l’exportation et contribuer à limiter le torchage du gaz associé à la production pétrolière, lorsque les installations permettent de le récupérer et de le commercialiser.
Les retombées économiques ne seront toutefois pas automatiques. Elles dépendront notamment des volumes réellement exportés, des prix de vente, des coûts d’exploitation et des conditions fiscales applicables. L’importance de l’investissement ne suffit donc pas, à elle seule, à garantir un niveau précis de recettes pour l’État ou des bénéfices directs pour les populations.
Autre élément à prendre en compte : l’échéance de 2028 avait déjà été évoquée publiquement en mars 2026. La nouvelle communication de Perenco apporte surtout des précisions sur l’avancement des travaux et confirme que plusieurs infrastructures restent à achever avant le démarrage commercial.
Le véritable enjeu est désormais de transformer les investissements engagés en capacités de production opérationnelles. Pour le Gabon, Cap Lopez pourrait devenir un levier de diversification économique et de valorisation des ressources nationales. Mais après deux années de décalage par rapport aux prévisions initiales, le respect du calendrier annoncé pour début 2028 sera déterminant pour concrétiser ces ambitions.

















































