Défendu devant les parlementaires par le ministre de la Justice et des Droits humains, Me Edasso Rodrigue Bayala, le texte remplace le cadre pénal adopté en mai 2018. Avec ses 933 articles et plus de 700 amendements examinés au cours des travaux préparatoires, cette réforme dépasse largement la seule question de la peine capitale et redéfinit plusieurs aspects de la répression des infractions au Burkina Faso.
Les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide figurent désormais parmi les crimes passibles de la peine de mort. La sanction concerne également l’importation de produits périmés ou interdits lorsque celle ci entraîne la mort d’une personne. Cette extension du champ des infractions concernées constitue l’un des changements les plus marquants du nouveau dispositif.
Pour justifier cette décision, le gouvernement met notamment en avant la lutte contre les groupes armés qui continuent de frapper le pays. Selon le ministre de la Justice, certains combattants seraient recrutés en leur faisant croire qu’une arrestation ne les exposerait qu’à une peine de prison, même lorsqu’ils sont impliqués dans des actes terroristes. Les autorités entendent donc renforcer la dissuasion pénale face à une menace qui pèse lourdement sur la sécurité des populations.
Cette orientation marque une rupture avec la réforme de 2018, sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, qui avait supprimé la peine capitale du Code pénal. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, la dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988. Le retour de cette sanction intervient alors que le Burkina Faso fait toujours face à une insurrection armée meurtrière et à d’importants déplacements de populations.
Le nouveau Code pénal ne se limite toutefois pas aux crimes liés à la sécurité nationale. Il prévoit également un durcissement des sanctions contre certaines infractions économiques, notamment les détournements de fonds publics et la corruption. Des dispositions concernent aussi les nouvelles formes de criminalité numérique ainsi que plusieurs autres domaines de la vie sociale. Les autorités annoncent par ailleurs une campagne de vulgarisation du texte, avec notamment des traductions dans plusieurs langues nationales, afin de permettre aux citoyens de mieux connaître les règles applicables.
Cette réforme soulève néanmoins des interrogations sur la protection des droits humains et les garanties entourant l’application de la peine capitale. Des organisations de défense des droits humains dénoncent le rétablissement de cette sanction, qu’elles considèrent comme une régression du droit à la vie. Dans un contexte politique et sécuritaire tendu, elles s’inquiètent également des risques liés à une utilisation potentiellement abusive de dispositions pénales particulièrement sévères.
Pour les autorités burkinabè, l’objectif affiché est de renforcer l’autorité de l’État et de répondre à la gravité de certaines infractions. Mais l’efficacité réelle de la peine de mort comme moyen de dissuasion reste une question débattue, tandis que son application soulève des enjeux judiciaires et humains majeurs.
Avec l’adoption de ce nouveau Code pénal, le Burkina Faso ouvre donc une nouvelle page de son histoire judiciaire. Reste à observer comment ces dispositions seront appliquées, quelles garanties accompagneront les procédures et si ce durcissement contribuera effectivement à améliorer la sécurité dans le pays.


















































