Le Dr Eddy Minang a convoqué les forces de défense et de sécurité pour une mise au point glaciale. Entre racket, procédures illégales et humiliations, le Procureur général près la Cour d’appel de Libreville exige un changement immédiat de comportement.
« La récréation est terminée. » C’est en substance le message délivré par le Dr Eddy Minang aux officiers de police judiciaire (OPJ).

Dans un discours d’une rare fermeté, le magistrat a dressé un tableau sombre des pratiques actuelles, rappelant que l’avènement de la Ve République ne saurait tolérer la persistance de « dérives » d’un autre temps.
Fin du recouvrement de dettes et du racket
Les commissariats et brigades ne sont pas des agences de recouvrement.
Les OPJ qui s’immiscent dans des litiges civils (loyers impayés, dettes, foncier) violent la loi, à dit catégorique Eddy Minang.
Autre pratique dans le viseur, le monnayage des services. Le Dr Minang a rappelé que le dépôt ou le retrait d’une plainte est strictement gratuit.
De même, retenir un citoyen en « otage » parce qu’il ne peut payer immédiatement une amende (fixée à 10 000 FCFA pour les contraventions) s’apparente à une séquestration.
Respect de la dignité humaine
Le magistrat a également fustigé la « justice spectacle ». La diffusion d’images de gardés à vue sur les réseaux sociaux est désormais passible de poursuites, tout comme les traitements dégradants.
Sur le plan administratif, il a ordonné que les dossiers relevant de Ntoum cessent d’être envoyés illégalement à Libreville. Pour les contrevenants au sein des forces de l’ordre, la sanction ne sera plus seulement disciplinaire, mais pénale.