Le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane a été proclamé président national à l’issue du processus électoral. Son élection bénéficie notamment du soutien du vice modérateur et de la direction sortante, qui considèrent cette désignation comme l’aboutissement des travaux du synode. Dans son camp, cette issue est présentée comme le résultat d’un processus ayant permis de parvenir à une nouvelle direction pour l’Église.
Cette proclamation est toutefois immédiatement contestée par le révérend Moïse Ovono Ménie. Dans une déclaration devant la presse, ce dernier affirme avoir été désigné par consensus lors des assises synodales du 9 août. Il rejette donc la nomination de son rival, qu’il considère comme « nulle et non avenue », invoquant notamment des irrégularités dans la procédure ainsi que des violations présumées des textes qui régissent le fonctionnement de l’EEG.
Derrière cette bataille de légitimité se trouve une question centrale : quelle procédure électorale doit être considérée comme valide ? Les discussions engagées au cours du synode n’ont pas permis de rapprocher les positions des différents protagonistes. Au contraire, les désaccords autour de l’organisation du scrutin et de l’interprétation des règles internes ont progressivement accentué les tensions.
La situation laisse ainsi les fidèles face à deux discours concurrents et à une question encore sans réponse claire sur l’identité du prochain président national de l’Église. Le révérend Moïse Ovono Ménie maintient sa revendication et invite ses soutiens à prendre part à son culte d’installation, tandis que le camp de Jean Daniel Allogo Essimengane considère sa proclamation comme acquise.
Cette nouvelle confrontation ravive également le souvenir de précédentes périodes de tension au sein de l’EEG. Les renouvellements de la direction nationale ont déjà été marqués par des désaccords liés aux rapports de force, aux procédures électorales et aux rivalités internes. La répétition de ces épisodes fragilise la sérénité attendue au sein d’une institution dont la mission première reste fondée sur l’unité de la communauté chrétienne.
Au delà de la seule succession du président sortant, c’est donc la cohésion de l’Église évangélique du Gabon qui se retrouve au centre des préoccupations. Tant qu’aucune instance compétente n’aura permis de trancher entre les deux revendications, l’EEG restera confrontée à une situation inédite où deux pasteurs se présentent comme les détenteurs légitimes de la présidence nationale.

















































