Au Gabon, près de quatre élèves sur dix âgés de 13 à 17 ans déclarent avoir déjà eu des rapports sexuels. Ce chiffre, révélé lors du Conseil des ministres du 8 octobre 2026, relance la question de l’éducation sexuelle, de la prévention et de la protection des adolescents en milieu scolaire.
Menée depuis octobre 2024 par les ministères de l’Éducation nationale et de la Santé, avec l’appui de l’UNESCO et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’enquête nationale sur la santé en milieu scolaire met en lumière plusieurs réalités préoccupantes. Outre les 39,7 % d’élèves ayant déclaré avoir déjà eu des rapports sexuels, 21,2 % affirment avoir consommé de l’alcool au cours du mois précédant l’enquête.
Les difficultés touchent également les conditions de vie et le bien être des jeunes. Selon les résultats présentés au gouvernement, 29,5 % des élèves vivent dans un foyer confronté à l’insécurité alimentaire, tandis que 47,8 % déclarent avoir subi au moins une blessure grave au cours des douze derniers mois.
La santé mentale constitue un autre point d’alerte. L’enquête indique que 74,3 % des élèves ressentent un sentiment de solitude, 64,3 % rapportent des troubles du sommeil et 22,7 % déclarent avoir sérieusement envisagé le suicide. Par ailleurs, 17,9 % disent avoir subi des violences ou du harcèlement à l’école et 9,9 % du cyberharcèlement.
Face à ces constats, le gouvernement a donné son accord à l’intégration du programme national d’assainissement scolaire « École ZEN » dans la programmation budgétaire du Plan national de croissance et de développement 2026-2030. L’objectif est notamment d’améliorer les conditions sanitaires dans les établissements, alors que moins d’un tiers disposerait d’un mécanisme formalisé de prise en charge sanitaire.
Mais au-delà des mesures d’assainissement, la proportion d’adolescents déclarant avoir déjà eu des rapports sexuels pose la question de leur accès à une information fiable sur la contraception, les infections sexuellement transmissibles et les risques liés aux violences sexuelles. Les familles, les établissements scolaires et les professionnels de santé ont un rôle essentiel à jouer pour informer et accompagner les jeunes sans les stigmatiser.
Le chiffre de 39,7 % ne permet toutefois pas, à lui seul, de déterminer si ces expériences étaient protégées, consenties ou vécues dans des circonstances à risque. Des données complémentaires sur l’âge du premier rapport, les différences entre filles et garçons et les disparités entre provinces seraient nécessaires pour mieux comprendre la situation.
Derrière ces statistiques, un enjeu demeure : comment renforcer la prévention et garantir aux adolescents gabonais un accès adapté à l’information, aux soins et aux dispositifs de protection ?


















































