La municipalité avait pourtant décidé de mettre un terme à cette commercialisation après plusieurs alertes relayées dans l’espace public. L’objectif était de mieux contrôler les produits proposés aux consommateurs et de préserver la réputation du manioc local. Mais sur le terrain, l’application de cette mesure semble se heurter à des difficultés persistantes.
Selon les informations rapportées, certains commerçants auraient mis en place des circuits d’approvisionnement indirects pour continuer à écouler leur marchandise. Les produits seraient notamment acheminés vers Ndendé avant d’être transportés par motos ou véhicules jusqu’à Lebamba. Certains déplacements auraient lieu pendant la nuit afin d’échapper aux contrôles. Ces pratiques présumées restent toutefois à confirmer par les autorités compétentes.
Au delà du bras de fer entre commerçants et municipalité, la question essentielle concerne la protection des consommateurs. Le manioc occupe une place importante dans l’alimentation des ménages gabonais. Lorsque des doutes apparaissent sur l’origine, la qualité ou les conditions de conservation d’un produit aussi courant, les contrôles sanitaires deviennent indispensables pour éviter tout risque pour la population.
Pour répondre à cette situation, la municipalité pourrait renforcer la surveillance des points de vente et des circuits de livraison, en coordination avec la gendarmerie et les services chargés de la sécurité sanitaire des aliments. L’enjeu n’est pas seulement de sanctionner les éventuelles infractions, mais aussi de disposer de critères clairs permettant de vérifier la conformité des produits avant leur mise en vente.
L’installation d’une antenne de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) à Lebamba est également évoquée comme une piste pour améliorer le suivi des denrées alimentaires. Une présence locale permettrait, si elle est mise en place, de faciliter les contrôles et de renforcer la prévention auprès des commerçants comme des consommateurs.
Cette question prend une importance particulière à l’approche de l’ouverture du nouveau marché municipal. La modernisation des infrastructures commerciales ne pourra produire pleinement ses effets que si elle s’accompagne de garanties suffisantes en matière d’hygiène et de sécurité alimentaire.
Pour les habitants de Lebamba, l’attente est donc claire : pouvoir acheter leurs produits en toute confiance, sans avoir à s’interroger sur leur provenance ou leur qualité. Reste désormais à savoir si les autorités parviendront à mieux contrôler les circuits d’approvisionnement et à faire respecter les mesures annoncées. Car la crédibilité du marché local dépend aussi de la confiance que les consommateurs peuvent accorder aux produits qui y sont vendus.
