Réuni en Conseil des ministres le 22 mai 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a adopté le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026. Cette révision budgétaire traduit la volonté de l’exécutif d’adapter la trajectoire financière de l’État à une conjoncture économique plus contrastée que prévu.
Le principal ajustement concerne la réduction du budget global de l’État. Initialement arrêté à 6 358,2 milliards de FCFA, il est désormais fixé à 5 495,2 milliards de FCFA, soit une baisse de 862,9 milliards de FCFA.
Cette révision s’explique par une contraction des recettes budgétaires, désormais estimées à 2 928,2 milliards de FCFA, contre 3 808,0 milliards de FCFA initialement attendus. Une évolution qui reflète les déséquilibres observés dans plusieurs secteurs non pétroliers.
Si le secteur pétrolier demeure un pilier de l’économie nationale, avec une production projetée à 11,2 millions de tonnes et un baril gabonais estimé à 75 dollars, d’autres secteurs connaissent un net ralentissement.
Le bois débité enregistre une baisse de 36,2 %, tandis que la production de caoutchouc chute de 76,9 %. Ces contre-performances pèsent directement sur les perspectives de croissance, désormais révisées à 4,0 % contre 6,5 % initialement.
Face à ce contexte, les autorités ont opté pour une gestion budgétaire plus stricte. Les dépenses publiques sont fixées à 5 180,0 milliards de FCFA, avec un accent mis sur la rationalisation et l’efficacité.
Pour limiter le recours à une fiscalité supplémentaire, le gouvernement prévoit de s’appuyer davantage sur les émissions de titres publics afin de diversifier les sources de financement.
Dans le même temps, les dépenses d’investissement enregistrent une baisse de 968,1 milliards de FCFA, liée notamment à la suppression de projets ne disposant pas d’études de faisabilité suffisamment solides. Une approche qui vise à privilégier les projets réellement prêts à être exécutés.
Par ailleurs, l’exécutif annonce une révision des exonérations fiscales et une accélération de la digitalisation des procédures de collecte des recettes publiques, dans le but d’améliorer la performance budgétaire de l’État.
Malgré les ajustements opérés, le gouvernement affirme vouloir préserver les équilibres sociaux. Les subventions destinées à stabiliser les prix du carburant et de la farine sont maintenues afin de limiter l’impact sur le coût de la vie.
Les investissements dans les secteurs stratégiques (l’eau, l’énergie, la santé et l’éducation) restent également protégés afin de poursuivre la transformation structurelle du pays tout en maintenant la stabilité sociale.
