Au Gabon, les violences en milieu scolaire inquiètent de plus en plus les autorités éducatives et les acteurs de la société civile. Bagarres, harcèlement, intimidations ou encore objets dangereux introduits dans les établissements. Les incidents se multiplient et prennent parfois de l’ampleur sur les réseaux sociaux.
Pour tenter d’enrayer ce phénomène, l’ONG SOS Prisonniers a lancé une caravane de sensibilisation, avec le soutien de l’Union européenne et de la direction des droits humains. Cette initiative, baptisée « Droits humains et violences en milieu scolaire », sillonne les établissements du pays afin de sensibiliser les élèves aux conséquences de leurs actes.
La campagne a récemment fait étape au lycée Georges Mabignath, et doit se poursuivre dans plusieurs écoles jusqu’au 22 mai avec pour but principal de prévenir plutôt que punir, en amenant les jeunes à prendre conscience des risques liés à certains comportements.
Les intervenants rappellent notamment qu’au Gabon, la responsabilité pénale peut être engagée dès l’âge de 13 ans. Une réalité souvent méconnue des élèves, qui peuvent ainsi se retrouver impliqués dans des procédures judiciaires aux conséquences durables sur leur avenir scolaire et professionnel.
Pour le président de SOS Prisonniers, Lionnel Engonga, la situation est préoccupante. Selon lui, de nombreux jeunes se retrouvent pris dans un engrenage judiciaire sans toujours mesurer la portée de leurs actes.
Sur le terrain, les discussions avec les élèves révèlent un point commun, beaucoup estiment agir pour se défendre face au harcèlement ou aux moqueries. Mais les encadreurs insistent sur une règle essentielle, « la réaction doit rester proportionnée, faute de quoi la victime peut elle-même devenir responsable aux yeux de la loi ».
À côté de ça, il y a le silence des victimes, souvent lié à la peur ou à la pression sociale. Les organisateurs encouragent donc les élèves à parler et à signaler les violences pour éviter qu’elles ne se répètent.
Par le biais de cette caravane, SOS Prisonniers espère installer durablement une culture de prévention et de respect dans les établissements scolaires, car il s’agit surtout de former une jeunesse plus consciente, plus responsable et mieux protégée face aux violences du quotidien.
