La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du Vice Président du Gouvernement, Hermann Immongault, de l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping, et du maire d’Akanda, Michel Léandre Delbrah Ndassy. Le projet est porté par Gabon Future Cement Clinker SAU et Conch Investment Holdings, sur un site de plus de 17 hectares.
Le complexe industriel prévoit une unité de production de clinker, une installation de broyage de ciment, une centrale électrique à biomasse ainsi qu’une unité de fabrication de béton prêt à l’emploi. Les promoteurs annoncent un délai de réalisation de 36 mois, après deux années consacrées aux préparatifs techniques et financiers. La directrice générale de Conch, Gao Yan Yun, a confirmé cette ambition, plaçant désormais le respect du calendrier parmi les principaux défis du projet.
Au delà de la construction d’une nouvelle usine, les autorités misent sur un renforcement de la production locale afin de réduire la dépendance aux importations. Une capacité industrielle supplémentaire pourrait améliorer la disponibilité des matériaux et limiter certaines sorties de devises. Pour les entreprises du bâtiment, les promoteurs immobiliers et les particuliers, l’enjeu sera de savoir si cette nouvelle offre permettra de répondre plus efficacement aux besoins du marché.
Le gouvernement espère également que cette infrastructure favorisera la création de valeur ajoutée et ouvrira de nouvelles perspectives aux petites et moyennes entreprises gabonaises. Des opportunités pourraient apparaître dans le transport, la logistique, la maintenance et la fourniture de services à l’usine. Des possibilités d’exportation vers d’autres pays d’Afrique centrale sont aussi évoquées.
Mais une question intéresse directement les consommateurs : la production locale permettra t elle de réduire le prix du ciment ? Pour l’heure, aucun tarif de vente n’a été annoncé. Le coût de l’énergie, le transport, la distribution et les marges commerciales pèseront sur le prix final. L’augmentation des capacités de production ne garantit donc pas automatiquement une baisse des prix sur le marché.
Les retombées sur l’emploi constituent un autre point d’attention. Le nombre de postes qui seront créés, la part réservée aux travailleurs gabonais et les possibilités de sous traitance offertes aux entreprises nationales restent à préciser. Ces éléments permettront de mesurer concrètement les bénéfices économiques de l’investissement pour les populations locales.
Le projet prend une dimension supplémentaire avec la Cité verte de Mondah, appelée à accueillir une première tranche de 500 logements. Ce programme urbain prévoit des espaces résidentiels, des commerces, des infrastructures éducatives et sportives, ainsi que des parcs et des espaces verts. La proximité de la cimenterie pourrait faciliter l’approvisionnement des chantiers en matériaux et contribuer à la continuité des travaux.
Toutefois, construire davantage ne signifie pas nécessairement loger plus facilement les ménages. Le coût du terrain, les raccordements à l’eau et à l’électricité, les infrastructures d’assainissement et les conditions de financement auront une incidence directe sur le prix des habitations. Les mécanismes annoncés de vente à prix abordable et de location accession devront également être précisés pour déterminer quelles catégories de familles pourront réellement en bénéficier.
Combien coûteront ces logements ? Quel niveau de revenu faudra t il justifier pour y accéder ? Quel sera le montant de l’apport initial et des mensualités ? Autant de questions auxquelles les futurs acquéreurs auront besoin de réponses avant de pouvoir envisager un achat.
La qualité de vie dans la future cité dépendra aussi de la disponibilité des transports, des services de proximité et des équipements collectifs. Sur le plan environnemental, les effets de la production de clinker et le fonctionnement de la centrale à biomasse devront également être pris en compte pour évaluer les conséquences du projet sur son environnement.
Avec cette cimenterie, le Gabon affiche ainsi une ambition qui associe industrialisation, développement urbain et accès au logement. Mais la réussite de cette initiative se mesurera moins aux capacités annoncées qu’aux résultats obtenus : une usine livrée dans les délais, un ciment compétitif, des emplois pour les Gabonais et des habitations accessibles aux familles.
La véritable question est désormais de savoir si cette nouvelle capacité industrielle permettra de faire baisser le coût de la construction et, surtout, de rendre la propriété immobilière accessible à davantage de Gabonais.
