L’information, rapportée ce mercredi 2 septembre 2026 par le quotidien L’Union, met en lumière l’ampleur des irrégularités relevées par la juridiction financière. À la tête de cette institution, le Premier président Alex Euv Moutsiangou a présenté un bilan particulièrement préoccupant des contrôles réalisés ces dernières années.
Les vérifications menées par la Cour des comptes ont concerné plusieurs secteurs considérés comme essentiels au fonctionnement de l’État et à la prise en charge des populations. La protection sociale, les évacuations sanitaires ou encore les dispositifs destinés aux Gabonais économiquement faibles figurent notamment parmi les domaines examinés.
La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) a également fait l’objet de deux audits. Au delà du contrôle des comptes, la démarche vise à identifier les difficultés qui entravent le fonctionnement de ces structures et à contribuer à la mise en place de réformes capables d’améliorer les services rendus aux citoyens.
Mais c’est surtout le montant des sommes mises en cause qui retient l’attention. 1 700 milliards de FCFA représentent un niveau financier particulièrement important pour les finances publiques. Pour illustrer l’ampleur du chiffre, Alex Euv Moutsiangou le compare au budget annuel de certains États.
Pour la Cour des comptes, ces montants ne doivent toutefois pas rester de simples chiffres dans un rapport. Les personnes reconnues responsables d’irrégularités financières devront, selon les décisions rendues, répondre de leurs actes et procéder à la restitution des sommes concernées.
Cette volonté de rendre les procédures plus accessibles au public accompagne une autre évolution annoncée par la juridiction financière. La Cour prévoit de publier un recueil regroupant ses différents arrêts et avis. Le document doit notamment permettre au public de prendre connaissance des décisions rendues, des personnes concernées par les procédures ainsi que des montants réclamés.
Pour Alex Euv Moutsiangou, cette démarche répond à une exigence fondamentale : permettre aux citoyens de savoir comment sont utilisés les fonds publics. La transparence et la redevabilité sont ainsi placées au centre de l’action de la Cour des comptes.
Dans le contexte de la mise en place de la Vᵉ République, cette question prend une dimension particulière. Le contrôle de l’utilisation de l’argent public apparaît désormais comme l’un des leviers sur lesquels les institutions entendent s’appuyer pour renforcer la gouvernance.
Derrière les 1 700 milliards de FCFA annoncés, c’est donc une question beaucoup plus large qui se pose : comment garantir que les ressources publiques profitent effectivement aux populations et financent les priorités du pays ?
La Cour des comptes entend, en tout cas, renforcer son rôle de vigie des finances publiques avec une ligne directrice clairement affichée : faire en sorte que l’argent public soit utilisé au service de l’intérêt général et des besoins des Gabonais.
