Ogooue-info

À l’initiative du ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, la rencontre a réuni les entreprises engagées dans le projet. Les discussions ont principalement porté sur les solutions techniques à retenir pour adapter le futur réseau aux réalités de Kinshasa.

La configuration particulière de la capitale impose en effet plusieurs précautions. Certaines zones présentent des terrains rocheux, tandis que d’autres sont particulièrement exposées aux inondations. Pour les passages souterrains et les secteurs rocheux, le projet prévoit notamment l’utilisation de tunneliers afin de faciliter la réalisation des infrastructures.

La gestion des eaux constitue également un volet important du chantier. La société belge Hydroscan doit participer à la cartographie et à la modélisation des zones à risque, mais aussi à la mise en place d’un système permettant de gérer les eaux pluviales et de prévoir les crues en temps réel.

Le futur tramway devra par ailleurs disposer de son propre système d’alimentation électrique afin de garantir une continuité du service. Les différents partenaires ont ainsi été invités à finaliser rapidement les éléments encore attendus par les autorités congolaises. À l’issue de la réunion, le consortium a pris en compte les observations formulées par le ministre et s’est engagé à transmettre les documents complémentaires nécessaires.

Les contours du futur réseau commencent également à se préciser. Le projet prévoit sept lignes interconnectées qui doivent desservir plusieurs secteurs stratégiques de Kinshasa, notamment la Gombe, l’aéroport international de N’Djili, Kintambo, Matete, l’Université de Kinshasa, Selembao, la Cité Verte et Mont Ngafula.

La première liaison envisagée doit relier la Gombe à l’aéroport de N’Djili sur environ 30 kilomètres. Ce premier axe doit notamment comporter des portions souterraines afin de s’adapter à la configuration de la ville.

L’ambition affichée est de ne pas créer un réseau isolé des autres moyens de déplacement. Le tramway doit au contraire être connecté aux taxis bus, aux motos et au réseau routier existant afin de faciliter les correspondances et de proposer aux habitants une offre de transport plus structurée.

Le projet ne date toutefois pas de cette réunion bruxelloise. Les premières bases du partenariat avaient été posées en octobre 2025, lorsque John Banza Lunda avait signé en Belgique un accord de principe et un accord de collaboration avec le Consortium Tramways Kinshasa. Celui ci regroupe notamment Prume Tramway RDC, la société belge Frateur De Pourcq et PowerChina, présente en RDC à travers Sinohydro.

Le dossier avait ensuite progressé en février 2026 lors d’une réunion à Rotterdam. L’Agence congolaise des grands travaux avait alors été chargée de coordonner les aspects techniques, de consolider le programme et de préparer les documents nécessaires à la mise en place du partenariat public privé.

Plus de 60 ingénieurs spécialisés ont depuis été mobilisés pour les études techniques. Celles ci ont notamment permis d’identifier les contraintes liées au relief et aux risques d’inondation. Sur le corridor reliant le centre ville à N’Djili, les études ont ainsi fait ressortir la nécessité de réaliser 173 ponts pour permettre au futur tramway de franchir les cours d’eau et les zones exposées.

Reste désormais un autre dossier majeur : le financement. Le montage actuellement envisagé repose sur un partenariat public privé associé à deux concessions minières de cuivre et de cobalt. PowerChina doit assurer le financement du projet dans le cadre d’un mécanisme présenté comme « minerais contre infrastructures ».

Avec cette nouvelle réunion à Bruxelles, le projet franchit donc une étape supplémentaire. Les autorités congolaises cherchent désormais à verrouiller les derniers détails avant de passer des études et des préparatifs à l’exécution concrète du chantier.

À terme, Kinshasa pourrait ainsi voir apparaître un réseau de tramway de grande envergure, conçu pour relier plusieurs quartiers et pôles majeurs de la capitale tout en s’intégrant aux moyens de transport déjà utilisés par les Kinois.

Publicité
Ogooue-info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici