Pour les habitants touchés, le problème ne se limite pas aux démolitions. Certains affirment ne pas avoir été recensés ou n’avoir reçu aucune information précise indiquant que leurs logements devaient être détruits. Ils disent ne pas s’opposer au projet porté par l’État, mais demandent davantage de clarté sur les critères retenus et sur les limites des terrains concernés.
Un riverain évoque notamment des documents cadastraux datant de 1982, établis selon lui lors d’opérations de bornage. Il explique que sa famille avait déjà été confrontée à des travaux liés à l’aménagement d’un bassin versant, avant d’apprendre que le projet routier pourrait également empiéter sur leur propriété. Il s’interroge sur l’étendue des terrains concernés, estimant que l’emprise nécessaire à la route ne devrait pas, selon lui, justifier la récupération de l’ensemble de leur espace. Ces déclarations restent celles des habitants et nécessiteraient des vérifications auprès des services compétents.
D’autres riverains racontent avoir vu des marquages sur certaines façades, laissant penser que seules des habitations précisément identifiées seraient concernées. À leur surprise, les opérations auraient ensuite été étendues à d’autres constructions. « Nous n’avons pas été recensés, nous ne sommes pas contre le projet de l’État », déplore l’un des habitants, qui réclame des explications sur les décisions prises.
Derrière ces témoignages, une inquiétude revient avec insistance : où aller lorsque le logement familial disparaît ? Pour les ménages concernés, la démolition signifie bien plus que la perte d’un bâtiment. Elle peut aussi entraîner la disparition d’un commerce, d’un lieu de stockage ou d’un espace qui permettait de subvenir aux besoins quotidiens.
Une habitante redoute ainsi la poursuite des travaux et demande que sa famille puisse bénéficier d’un accompagnement. Elle rappelle que des occupants concernés par une première phase auraient été relogés ou dédommagés et souhaite que des mesures similaires soient envisagées pour les ménages qui se disent aujourd’hui affectés.
Du côté des objectifs d’aménagement, les opérations visent notamment à réorganiser la zone et à réduire les risques d’inondation, particulièrement préoccupants pendant la saison des pluies. Ces enjeux urbains sont importants pour les populations, mais les témoignages recueillis soulignent la nécessité d’une communication claire sur les zones concernées, les procédures appliquées et les solutions prévues pour les personnes touchées.
Au marché Banane du PK8, les habitants attendent désormais des réponses concrètes. Ils demandent que leur situation soit examinée, que les documents fonciers qu’ils disent détenir puissent être pris en compte et que des mesures d’accompagnement soient précisées. L’enjeu est de permettre la réalisation des aménagements annoncés tout en apportant aux familles concernées une visibilité sur leur avenir et, lorsque cela est nécessaire, des solutions adaptées de relogement ou d’indemnisation.
