Dans un entretien accordé à France 24 à Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a abordé plusieurs questions majeures liées à la politique intérieure et extérieure du Gabon. Une intervention qui intervient dans un contexte de transition et de réformes engagées dans plusieurs secteurs clés du pays.
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a tenu à rassurer sur la qualité des relations entre le Gabon et la France. Il a indiqué que les échanges entre les deux pays se déroulent dans un climat apaisé et constructif, marqué par une volonté de poursuivre le dialogue. Il a également annoncé la tenue d’une visite d’État en France prévue pour le 20 juillet, symbole de la continuité des relations bilatérales.
Concernant certains ajustements récents dans la coopération entre les deux pays, il a précisé qu’ils s’inscrivent dans une dynamique de réorganisation concertée et non dans une logique de rupture.
Sur le plan économique, le président gabonais s’est exprimé sur les discussions en cours avec le Fonds monétaire international. Il a confirmé la volonté du Gabon de conclure un accord, tout en soulignant que le gouvernement a jugé nécessaire de procéder à une analyse approfondie de la dette publique avant toute signature définitive. Une démarche qui explique, selon lui, certains délais dans le processus.
Abordant la question des réseaux sociaux, Oligui Nguema a rappelé que la suspension actuelle s’inscrit dans un cadre réglementaire défini par les autorités compétentes. Il a évoqué la nécessité de lutter contre la désinformation et les contenus jugés excessifs, tout en précisant que cette mesure reste temporaire et qu’une réouverture progressive est envisagée après encadrement légal.
Sur la scène internationale, il a également évoqué les relations avec les États-Unis. Le président a reconnu des divergences concernant l’accueil de migrants expulsés, affirmant que le Gabon n’est pas en mesure d’accepter un accord qui ne correspond pas à ses priorités nationales, malgré des relations qu’il juge globalement positives avec Washington.
Interrogé sur les accusations portées par Sylvia Bongo, épouse de l’ancien président, il a rejeté toute implication dans des actes de torture, affirmant qu’aucun élément concret n’a été présenté pour étayer ces accusations. Il a rappelé que la transition politique s’est déroulée sans violence.
Enfin, concernant la question de la succession politique, le chef de l’État a été catégorique car il n’existe aucune intention d’instaurer une dynastie familiale. Il a également rappelé que le cadre constitutionnel a été renforcé afin de limiter les mandats et d’écarter toute transmission héréditaire du pouvoir.
Via cet entretien, le président gabonais a voulu clarifier ses positions sur des sujets sensibles, en mettant en avant une ligne directrice centrée sur la stabilité diplomatique, la rigueur économique et la consolidation institutionnelle du pays.
