La piraterie maritime continue de menacer le Golfe de Guinée, une zone stratégique où l’insécurité s’installe durablement. Le Gabon en a une nouvelle fois fait l’amère expérience dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026. Un chalutier battant pavillon gabonais a été attaqué par des hommes armés au large d’Ekwata, dans les eaux nationales. Neuf marins ont été enlevés, selon le ministère d’État en charge de la Défense nationale.

Ce nouvel incident s’ajoute à une longue série d’attaques similaires dans la région. Les pirates, lourdement armés et opérant à bord de pirogues rapides, ciblent le plus souvent des navires de pêche peu protégés. En 2024 déjà, un bateau de la société Amerger avait été attaqué près du phare de Gombé, à une vingtaine de kilomètres de Libreville, avec plusieurs membres d’équipage kidnappés.
Malgré les dispositifs de surveillance maritime mis en place par les États, les actes de piraterie connaissent une recrudescence depuis 2023. Le Golfe de Guinée attire autant les acteurs économiques que les réseaux criminels en raison de son importance stratégique : près de 30 % du commerce maritime africain et environ 20 % du pétrole mondial y transitent.
Selon le Bureau international maritime, près de 195 actes de piraterie ont été recensés dans la région depuis 2020, faisant du Golfe de Guinée l’une des zones maritimes les plus dangereuses au monde.
Face à cette menace persistante, les pays de la zone ont récemment renforcé leur coopération. Les chefs d’état-major se sont réunis à Libreville pour améliorer le partage de renseignements et la coordination des opérations navales.
Mais au-delà des réunions et des stratégies, la piraterie continue de mettre en danger la vie des marins, l’approvisionnement énergétique et la stabilité économique régionale. L’attaque du 11 janvier 2026 rappelle une réalité préoccupante : tant que les causes profondes de ce fléau ne seront pas traitées, le Golfe de Guinée restera un espace où richesse et insécurité cohabitent dangereusement.