Le 11 mars 2026, la République Démocratique du Congo (RDC) a franchi une étape majeure dans l’histoire de son secteur minier avec l’inauguration de sa première raffinerie d’or à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Un événement marquant qui pourrait transformer non seulement l’industrie aurifère congolaise, mais aussi la place du pays sur le marché mondial de l’or.
Cette nouvelle raffinerie, nommée DRC Gold Refinery S.A., a été conçue pour raffiner 500 à 600 kilogrammes d’or par mois, soit environ 7,2 tonnes par an. En conséquence, la RDC pourra désormais produire des lingots d’or d’une pureté atteignant 99,9%, un standard qui respecte les exigences internationales.
Une réponse au secteur informel
Cette avancée est d’autant plus significative qu’elle répond à l’un des plus grands défis économiques de la RDC : la régulation d’un secteur aurifère longtemps dominé par des pratiques informelles. Une grande partie de l’or extrait, notamment dans les zones de l’est du pays, était jusqu’ici écoulée par des circuits parallèles, échappant au contrôle de l’État.
Grâce à un partenariat stratégique entre DRC Gold Trading S.A., une société publique créée en 2022, et la société privée Lunga Mining, ce projet permettra de structurer et réguler le commerce de l’or au pays. Le ministre des Mines, présent lors de l’inauguration, a souligné que la raffinerie offrira désormais aux mineurs artisanaux une opportunité de vendre leur or à des prix équitables, dans un cadre transparent et conforme aux standards du marché mondial.
Un levier pour l’économie locale et la Banque centrale
Au-delà du raffinement, ce projet aura des retombées économiques considérables pour le pays. L’or raffiné sera acheté directement auprès des mineurs, des comptoirs commerciaux et des petites exploitations, permettant ainsi de renforcer l’intégration de l’or dans le circuit économique officiel. Ce processus s’inscrit dans une volonté plus large du gouvernement de limiter la contrebande et de dynamiser les recettes fiscales provenant du secteur aurifère.
Dans cette dynamique, un accord signé le 20 février 2026 entre la Banque centrale du Congo et DRC Gold Trading vient renforcer cette transformation. Cet accord permettra à la Banque centrale de bénéficier d’un accès prioritaire à l’or raffiné pour l’intégrer dans les réserves monétaires du pays. L’or ainsi collecté servira à stabiliser le franc congolais et à renforcer la résilience économique du pays face aux fluctuations mondiales.
Une porte d’entrée vers les marchés internationaux
Ce projet est également une excellente nouvelle pour la RDC sur le plan international. Selon Joseph Kazibaziba, directeur général de DRC Gold Trading, plus de 45 acheteurs étrangers se sont déjà manifestés pour acquérir de l’or congolais. Ce marché en pleine expansion pourrait ouvrir la voie à une exportation accrue et à un renforcement des réserves en devises étrangères.
Le raffinement de l’or à Kalemie pourrait bien permettre à la RDC de se positionner comme un acteur de poids sur le marché mondial de l’or, tout en garantissant une gestion plus transparente et plus profitable des ressources naturelles du pays.
Un avenir radieux pour les mineurs artisanaux
Le projet de raffinerie offre également des perspectives pour les mineurs artisanaux qui, jusqu’à présent, travaillaient dans des conditions souvent précaires. Le gouvernement congolais espère créer un mécanisme de soutien pour les accompagner dans le passage vers le circuit officiel. Ainsi, ce programme pourrait se traduire par une meilleure sécurisation des conditions de travail et une augmentation des revenus pour les mineurs locaux.
L’inauguration de cette raffinerie est un signal fort que la RDC est prête à moderniser son secteur minier et à exploiter de manière plus rationnelle et transparente ses ressources aurifères. À travers cette initiative, le pays ambitionne de valoriser son or et de créer des emplois durables tout en contribuant à la stabilité économique à long terme.
En conclusion
L’inauguration de la raffinerie à Kalemie marque un tournant pour l’industrie aurifère de la RDC. Ce projet, qui s’inscrit dans une logique de transparence, de régulation et de développement économique durable, pourrait bien redéfinir l’avenir du pays en tant que producteur d’or. Avec des objectifs ambitieux et un modèle de gestion novateur, la RDC prend un pas décisif vers l’organisation de son secteur minier et la valorisation de son or au niveau international.
