Un an après son accession à la magistrature suprême avec 94,85 % des suffrages, Brice Clotaire Oligui Nguema dresse un premier bilan sans éluder les critiques. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union ce 4 mai 2026, le chef de l’État s’est exprimé sur les attentes pressantes des populations et les défis économiques qui pèsent sur le pays.
Une impatience légitime, mais à nuancer interrogé sur un supposé sentiment de désillusion, le Président a tenu à recadrer le débat. Selon lui, il est excessif de généraliser ce ressenti à l’ensemble des Gabonais. Toutefois, il reconnaît une réalité : l’impatience.
« Les Gabonais ont souffert pendant des décennies. Ils attendent des résultats concrets, et rapidement », a-t-il affirmé.
Une attente qu’il dit comprendre, tout en rappelant l’ampleur de la tâche héritée. Endettement massif estimé à plus de 7 500 milliards de FCFA, infrastructures à l’abandon, services publics fragilisés… Le diagnostic est lourd. « On ne reconstruit pas en un an ce qui a été dégradé pendant des années », insiste-t-il, appelant à une vision sur le long terme inscrite dans son mandat de sept ans.
Vie chère : entre réponses immédiates et solutions durables sur la question du coût de la vie, particulièrement sensible, le Président reconnaît des résultats encore insuffisants. Les mesures de plafonnement ont permis de contenir certaines hausses, sans pour autant soulager pleinement les ménages.
Le problème, selon lui, est structurel : la forte dépendance du Gabon aux importations. « Tant que nous dépendrons autant de l’extérieur, nous resterons vulnérables », souligne-t-il.
Face à cela, le cap est clair : relancer la production locale. Une orientation jugée essentielle pour réduire durablement les prix et limiter la pression sur les finances publiques. Parmi les mesures annoncées figurent notamment la réduction de la TVA à 5 % sur certains produits de première nécessité et le renforcement du contrôle des prix.
Le Président appelle également à une implication citoyenne : dénoncer les abus via les dispositifs mis en place, afin de lutter plus efficacement contre les dérives du marché.
Une reconstruction qui s’inscrit dans la durée malgré les critiques et les attentes pressantes, Brice Clotaire Oligui Nguema se veut résolument engagé. Il met en avant les réformes structurelles amorcées et les investissements déjà visibles dans plusieurs secteurs.
« Notre détermination se traduit par des actions concrètes », affirme-t-il, tout en reconnaissant que les effets de ces transformations ne seront pas immédiats.
Le cap est donc maintenu : reconstruire progressivement, avec méthode, en appelant à la patience et à la solidarité nationale.
