Dans les grandes agglomérations comme Libreville, les scènes d’imprudence sont devenues fréquentes. Entre dépassements dangereux, troisième file lors des embouteillages, accélérations dans les ruelles ou circulation à vive allure sur des voies secondaires fréquentées par des enfants et des piétons, plusieurs citoyens estiment que l’insécurité routière atteint un niveau préoccupant.
Pour Stéphane Okome, emprunter les transports en commun est devenu une source permanente d’inquiétude :
« Quand je prends les transports en commun, je prie toujours d’arriver sain et sauf, parce que je connais la mauvaise conduite de certains chauffeurs. »
Même indignation chez Darlys Onanga, qui dénonce le manque de considération envers les passagers :
« C’est difficile de monter dans certains bus de Libreville tellement ils nous transportent comme de la marchandise. Ils font des manœuvres dangereuses comme s’ils se fichaient complètement de la sécurité des passagers. »
Les piétons eux aussi disent se sentir exposés au danger. Un habitant de la capitale témoigne :
« J’ignore si le plus dangereux est d’être piéton ou passager. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a beaucoup de chauffards dans la capitale. Pas besoin d’avoir une voiture ou un permis pour faire ce constat. »
Au-delà des témoignages, plusieurs citoyens pointent du doigt le manque de discipline routière et l’insuffisance des sanctions appliquées contre les conducteurs récidivistes. Certains estiment que le retrait définitif du permis de conduire devrait être envisagé pour les chauffeurs responsables de comportements particulièrement dangereux ou d’infractions répétées.
Les populations dénoncent notamment :
- les excès de vitesse dans les quartiers résidentiels ;
- les troisième files pendant les embouteillages ;
- les dépassements dangereux ;
- les accélérations brusques à proximité des écoles et habitations ;
- le non-respect des piétons ;
- ou encore les conduites imprudentes sur les routes secondaires.
Dans certains quartiers, des riverains dénoncent également les véhicules roulant à grande vitesse sur des routes en terre, soulevant poussière et gravillons sans aucun égard pour les habitants ou les enfants présents aux abords des voies.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent les autorités compétentes à renforcer les contrôles routiers, durcir les sanctions et accentuer les campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière. Pour beaucoup, la lutte contre les chauffards ne doit pas se limiter aux opérations ponctuelles de police, mais s’inscrire dans une véritable politique de prévention et de protection des usagers.
Les passagers, eux aussi, sont invités à adopter davantage de vigilance en dénonçant les comportements dangereux et en exigeant le respect des règles élémentaires de sécurité.
Car derrière chaque excès de vitesse ou chaque manœuvre imprudente, ce sont des vies humaines qui sont exposées. Dans un contexte où les accidents de circulation restent fréquents, de nombreux citoyens estiment qu’il devient urgent de replacer la responsabilité et le civisme au cœur de la conduite routière au Gabon.
