
Pendant près de cinq décennies, les trois buses avaient assuré le passage au-dessus de la rivière Mougoutsi. Installées par l’entreprise Razel à l’occasion des festivités du 17 août 1976, elles avaient longtemps permis de maintenir la liaison entre différents secteurs de Tchibanga. Mais avec le temps, leur capacité à supporter les fortes montées des eaux s’était progressivement révélée limitée.
La situation bascule en décembre 2023. Une importante crue emporte les trois ouvrages et provoque une interruption de la circulation pendant plusieurs jours. Plusieurs infrastructures stratégiques, dont la 7ᵉ région militaire, la prison centrale, la Cour des comptes et l’aéroport, se retrouvent alors difficilement accessibles depuis le reste de la ville.
La coupure ne touche pas seulement les déplacements. Elle perturbe également les activités administratives, le transport des marchandises et une partie des échanges économiques locaux.
Face à l’urgence, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors Président de la Transition, demande au gouvernement de trouver rapidement une solution pour rétablir la circulation. Une déviation provisoire est aménagée par l’entreprise chinoise COVEC afin de permettre aux usagers de continuer à circuler pendant la réalisation d’un nouvel ouvrage.
Le chantier du pont définitif est ensuite confié à la même entreprise par le ministère des Travaux publics. En juillet 2025, une mission permet de constater l’avancement des travaux dans le sud du pays. Quelques mois plus tard, le nouveau pont est livré et ouvert à la circulation.
Le nouvel ouvrage marque une rupture avec l’ancien dispositif. Plus élevé et construit en béton, il offre notamment une meilleure capacité de passage des eaux. Une caractéristique importante dans une zone régulièrement exposée aux fortes pluies et aux montées de la rivière.
Mais l’intérêt du pont ne se limite pas au seul secteur de Mougoutsi. L’axe dessert plusieurs infrastructures essentielles de Tchibanga et constitue également une liaison vers Moabi, située à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale provinciale.
La remise en service de cet itinéraire facilite ainsi les déplacements des populations et le transport des biens. Elle contribue également à rétablir une continuité dans les échanges entre différents espaces de la province de la Nyanga.
Au delà de la mobilité, le nouvel ouvrage répond à une question de sécurité. La crue de 2023 avait démontré la vulnérabilité des anciennes installations face aux phénomènes hydrologiques importants. En remplaçant les buses par un pont mieux adapté, les autorités entendent réduire les risques liés aux débordements et sécuriser davantage le franchissement de la rivière.
Cette réalisation intervient également dans un contexte où les infrastructures routières occupent une place importante dans les orientations défendues par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Lors de son déplacement dans le Woleu Ntem le 10 juillet 2026, le chef de l’État avait notamment réaffirmé la place des routes et des infrastructures de transport dans le désenclavement et le développement économique des territoires.
À Tchibanga, cette orientation prend une forme très concrète. Là où une infrastructure vieille de près de cinquante ans avait fini par montrer ses limites, un nouvel ouvrage doit désormais assurer la liaison de manière plus durable.
De 1976 à 2025, le franchissement de la Mougoutsi aura donc changé d’époque. Le nouveau pont ne représente pas seulement le remplacement de trois buses emportées par une crue. Il constitue aussi un investissement dans la mobilité, la sécurité des populations et la continuité des activités économiques dans la Nyanga.
Pour les habitants de Tchibanga, l’enjeu est désormais simple : pouvoir franchir la Mougoutsi sans craindre qu’une nouvelle montée des eaux ne coupe une nouvelle fois une partie de la ville.