Trois ans après le naufrage du ferry Esther Miracle, la justice gabonaise a rendu son verdict ce jeudi 28 mai 2026. Survenu dans la nuit du 8 au 9 mars 2023 entre Libreville et Port-Gentil, le drame avait coûté la vie à 34 personnes et profondément marqué le pays.
Le Tribunal correctionnel de Libreville a condamné la société Royal Cost Marine, exploitante du navire, ainsi que plusieurs de ses responsables, à verser solidairement 248 millions de FCFA de dommages et intérêts. Cette décision correspond à une indemnisation d’environ 2 millions de FCFA par victime ou survivant.
Un montant qui suscite une vive réaction du côté des familles des victimes. Pour beaucoup de proches, cette somme est très loin de refléter l’ampleur du drame et la douleur vécue depuis trois ans. Entre incompréhension et colère, plusieurs voix s’élèvent déjà pour contester cette décision et envisager un appel.
Sur le plan pénal, plusieurs prévenus ont été reconnus coupables de mise en danger de la vie d’autrui. Deux d’entre eux ont également été condamnés pour homicide involontaire. Les peines prononcées vont jusqu’à 38 mois de prison, assorties d’amendes d’un million de FCFA, tandis que la société Royal Cost Marine a été sanctionnée d’une amende de 5 millions de FCFA.
Le tribunal a toutefois prononcé certaines relaxes, estimant que les éléments à charge n’étaient pas suffisants pour retenir toutes les accusations.
Sur le plan civil, la responsabilité de Royal Cost Marine a été retenue, avec l’implication de son assureur, la société ASCOMA, chargée de garantir les indemnisations prévues. Mais c’est bien la question du montant accordé qui cristallise aujourd’hui les tensions.
Ce jugement, très attendu, ne referme pas la page de l’Esther Miracle. Il ravive au contraire les blessures encore vives d’un naufrage qui reste l’une des plus grandes tragédies maritimes du pays, et relance les interrogations sur la sécurité du transport maritime et la responsabilité des opérateurs.











































