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Le ton est donné dès l’ouverture de ce premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale. Pour Son Excellence le Président de la République, l’entrée en fonction des nouveaux ministres ne constitue pas une simple formalité administrative, mais marque une nouvelle étape dans la conduite de l’action publique sous la Vᵉ République. Les nominations et les maintiens au Gouvernement, a t il rappelé, représentent une responsabilité envers la Nation et non une récompense.

Le message présidentiel est clair : les populations attendent des améliorations concrètes dans leur quotidien. L’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux routes, à l’école, aux structures sanitaires et à l’emploi doit se traduire par des avancées mesurables. Dans cette perspective, le Chef de l’État a demandé à chaque membre du Gouvernement de s’inscrire pleinement dans le projet de société et le Plan national de croissance et de développement (PNCD).

Quatre principes devront guider l’action gouvernementale. Le premier est l’alignement sur les orientations nationales. Le deuxième concerne la cohérence entre les ministères, afin d’éviter les initiatives isolées et de privilégier les mécanismes d’arbitrage institutionnels. Le troisième repose sur l’obligation de résultats : multiplier les activités ne suffit pas si elles ne produisent aucun changement concret. Enfin, l’exemplarité impose à chaque responsable une conduite irréprochable et une gestion rigoureuse des biens publics.

Cette feuille de route intervient alors que le Gouvernement prépare le projet de loi de finances pour 2027. Les nouveaux ministres sont ainsi appelés à prendre rapidement connaissance des dossiers transmis par leurs prédécesseurs pour garantir la continuité de l’État et éviter tout ralentissement dans l’exécution des politiques publiques.

Sur le front de l’eau et de l’électricité, Son Excellence le Président de la République a demandé l’accélération de la réforme de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), notamment à travers la séparation de ses activités. Il a également insisté sur la spécialisation des opérateurs selon les différents segments de la chaîne de valeur : production, transport, distribution et commercialisation. Cette réorganisation figure parmi les chantiers prioritaires annoncés lors de la réunion.

La santé constitue un autre axe majeur. Le Chef de l’État a demandé la poursuite du renforcement des capacités d’accueil des structures sanitaires, avec une attention particulière accordée à la prise en charge des mères et des enfants ainsi qu’aux patients atteints de cancer. L’objectif affiché est de mieux répondre aux besoins des populations dans des domaines où l’accès aux soins demeure une préoccupation essentielle.

La modernisation de l’administration et la réforme des institutions ont également occupé une place importante dans les échanges. En référence aux attentes exprimées lors du Dialogue national inclusif d’avril 2024, le Président de la République a appelé à traduire les propositions retenues dans les textes et à les appliquer concrètement au sein de l’administration. Il a par ailleurs jugé nécessaire d’accélérer la décentralisation, alors que les collectivités locales continuent de faire face à des difficultés.

Sur le plan de la gouvernance politique, le Chef de l’État a plaidé pour une moralisation de la vie publique, notamment par une révision du fichier électoral et des mesures visant à mettre fin aux pratiques d’instrumentalisation des électeurs, dont le transport organisé lors des scrutins. Il a également évoqué la possibilité de rendre la participation au vote obligatoire, une orientation qui nécessiterait un cadre juridique adapté.

La mobilisation des recettes publiques représente un autre levier de réforme. Son Excellence le Président de la République a insisté sur la dématérialisation des opérations de collecte afin de renforcer les capacités financières de l’État et d’accroître ses marges de manœuvre budgétaires.

Sur le terrain économique, le Gouvernement est appelé à accélérer la diversification de l’économie gabonaise. Le Chef de l’État a réaffirmé que la transformation locale des ressources naturelles doit devenir une exigence dans les stratégies de développement des entreprises et des partenaires industriels. Les ministres chargés de l’Industrie et des Mines ont notamment été invités à engager les opérateurs économiques dans cette dynamique, afin que les richesses du pays profitent davantage à la population.

L’entrepreneuriat des jeunes figure également parmi les priorités présidentielles. Pour le Chef de l’État, l’administration ne peut continuer à absorber seule les attentes liées à l’emploi. Le développement d’entreprises portées par les jeunes Gabonais est présenté comme une voie à renforcer, avec un accompagnement public destiné à favoriser la création et la croissance de leurs activités.

En clôture des travaux, Son Excellence le Président de la République a demandé aux membres du Gouvernement de proposer des réponses rapides et de rendre compte de leurs actions. Il a également insisté sur la nécessité de mieux expliquer les décisions publiques aux citoyens, afin de rendre l’action de l’État plus compréhensible et de favoriser l’adhésion de la population aux réformes engagées.

Le Conseil des ministres s’est enfin achevé par l’adoption de plusieurs mesures individuelles. Parmi les nominations annoncées figurent notamment Alfred Ngomanda au poste de conseiller spécial et secrétaire permanent du Conseil national climat, Ulrich Cédric Myboto à la direction générale de la Société d’électricité, de téléphone et d’eau du Gabon (SETEG), Guy Rossatanga Rignault comme Médiateur de la République et Défenseur des droits, Patrick Michel Akoma Nze à la direction générale de la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP), ainsi que Marcel Abeke à la présidence du conseil d’administration de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG).

Le communiqué acte également la fin des fonctions de plusieurs directeurs et directeurs adjoints à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), ainsi que le départ à la retraite de trois responsables.

À travers ce Conseil, le Chef de l’État place donc sa nouvelle équipe face à une feuille de route étendue, qui touche aussi bien aux services essentiels qu’à la gouvernance, à l’économie et à l’emploi. Le principal défi sera désormais de transformer ces orientations en mesures appliquées et en résultats vérifiables pour les Gabonais.

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