Le Kenya fait face à une vive tension sociale après la nouvelle hausse des prix du carburant, qui a déclenché ce lundi des manifestations violentes et une paralysie partielle des transports publics dans plusieurs villes du pays.
Selon le ministère kényan de l’Intérieur, au moins quatre personnes ont perdu la vie lors des affrontements, tandis que plus d’une trentaine d’autres ont été blessées. Les incidents les plus marquants ont été enregistrés dans la capitale Nairobi, où des chauffeurs en grève et des manifestants ont bloqué plusieurs axes stratégiques, provoquant d’importants embouteillages.
À l’origine de cette mobilisation, les organisations du secteur des transports dénoncent l’augmentation successive des prix à la pompe, devenue insoutenable pour les professionnels comme pour les populations. Dès minuit, de nombreux véhicules de transport public ont cessé leurs activités pour exprimer leur mécontentement.
Face à la montée des tensions, les forces de sécurité ont été déployées dans plusieurs quartiers sensibles. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser certains groupes de manifestants, tandis que des pneus incendiés ont été dressés sur les routes afin de bloquer la circulation.
À Mombasa, principal port du pays, la situation suscite également des inquiétudes. Les perturbations observées dans les transports pourraient ralentir les activités commerciales et affecter l’approvisionnement de plusieurs régions. Une réunion organisée entre les autorités chargées des Transports et de l’Énergie ainsi que les représentants des transporteurs n’a débouché sur aucun accord concret, laissant craindre une prolongation du mouvement.
Cette crise intervient dans un contexte économique déjà difficile pour de nombreux ménages kényans. Le pays, qui dépend largement des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, subit de plein fouet les tensions internationales sur le marché de l’énergie. En seulement quelques semaines, les prix du carburant ont connu des augmentations successives, entraînant automatiquement une hausse du coût des transports et des produits de première nécessité.
Pour les habitants, le quotidien devient de plus en plus lourd. Plusieurs consommateurs dénoncent une flambée générale des prix sur les marchés, notamment pour les denrées alimentaires, alors que les revenus restent inchangés. Cette situation alimente une profonde frustration sociale et accentue la pression sur le gouvernement, appelé à trouver rapidement des solutions pour éviter une aggravation de la crise.













































