Au Cameroun, l’exploitation illégale de l’or prend des proportions préoccupantes, notamment dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. Selon les autorités, près de 200 opérateurs évolueraient en dehors du cadre légal dans l’exploitation artisanale et semi-mécanisée du minerai. Le fait marquant est que plus de 95 % de ces acteurs seraient des entreprises étrangères.
Lors d’une récente descente sur le terrain, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, a dressé un constat jugé alarmant. Dans un communiqué publié le 13 mai 2026, il a exigé l’arrêt immédiat de toutes les activités menées sans titres miniers en règle ou en violation des obligations administratives.
Pour les autorités, le message est clair, les opérateurs concernés doivent suspendre sans délai leurs activités et procéder au démantèlement de leurs unités de traitement ainsi que de leurs installations sur les sites d’exploitation.
Le gouvernement prévient par ailleurs qu’en cas de refus, les services compétents, appuyés par les forces de maintien de l’ordre, procéderont eux-mêmes aux démantèlements. Les coûts de ces opérations seront entièrement à la charge des contrevenants, qui s’exposent également à des poursuites judiciaires.
Cette sortie s’inscrit dans une série de mesures engagées depuis plusieurs mois pour remettre de l’ordre dans le secteur aurifère. Déjà en janvier 2026, une concertation entre le ministère, la Sonamines et les opérateurs avait conduit à l’imposition de nouvelles exigences, notamment le paiement d’une caution de réhabilitation des sites et la signature de cahiers de charges.
Quelques semaines plus tard, un ultimatum avait été fixé aux entreprises non conformes, avec la menace de retrait d’autorisation d’exploitation conformément au Code minier révisé de 2023.
Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par des écarts importants entre les volumes officiellement déclarés et les chiffres des importations à l’étranger. Selon le rapport ITIE 2023, seulement 22,3 kg d’or auraient été exportés officiellement par le Cameroun, contre plus de 15 tonnes enregistrées dans les statistiques des Émirats arabes unis.
Face à ces disparités, les autorités entendent renforcer la traçabilité de la production nationale et mettre un terme aux circuits parallèles afin de mieux valoriser les revenus issus de cette ressource stratégique.












































