C’était une promesse maintes fois répétée, attendue avec une impatience grandissante par des milliers d’usagers. Elle vient enfin de se concrétiser sur le bitume, ou plutôt sur ce qu’il en reste. Depuis ce mardi 16 juin 2026, les engins ont pris position sur l’axe Bifoun-Ndjolé, dans la province du Moyen-Ogooué, pour entamer des travaux d’urgence sur l’une des routes les plus redoutées du pays.

Pendant des années, ce tronçon de 56 kilomètres, pourtant censé se parcourir en moins d’une heure, s’était transformé en véritable épreuve. Quatre heures de trajet, parfois davantage lorsque les pluies s’abattaient sur la chaussée, des nids-de-poule capables d’avaler une roue entière, des camions renversés bloquant la circulation pendant des heures : la route Bifoun-Ndjolé était devenue, aux yeux de ceux qui l’emprunte au quotidien, un véritable mouroir à ciel ouvert. Chauffeurs, commerçants, familles, étudiants, tous payaient le prix de cette dégradation qui freinait le commerce, isolait des localités entières et mettait des vies en danger à chaque trajet.
C’est donc avec un sentiment de soulagement, mais aussi une certaine prudence née de promesses passées non tenues, que les populations du Moyen-Ogooué ont accueilli l’annonce du ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgar Moukoumbi. Sur sa page Facebook, le membre du gouvernement n’a pas caché sa satisfaction, parlant d’« une promesse tenue, une action visible ». Il faut dire que l’engagement avait été pris publiquement, lors de son passage à l’émission La Nuit des 100 Jours sur Gabon Télévision, où il avait détaillé les intentions du gouvernement pour ce corridor stratégique.
Sur le terrain, les équipes de la direction provinciale des Travaux publics du Moyen-Ogooué, appuyées par l’entreprise Porteo, ont été déployées simultanément depuis Bifoun et Ndjolé. Les opérations consistent à reprofiler la chaussée et à la recharger en grave non traitée, une technique qui permet de stabiliser rapidement les zones les plus abîmées avant d’envisager une réhabilitation complète et durable. L’objectif immédiat est clair : sécuriser le trafic, réduire les temps de parcours et éviter que les accidents, déjà trop nombreux sur cet axe, ne se multiplient.
Car au-delà de la simple gêne quotidienne, cette route revêt une importance qui dépasse largement les frontières du Moyen-Ogooué. Intégrée à la Route nationale 2, elle dessert également les provinces de l’Ogooué-Ivindo, de l’Ogooué-Lolo, du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem, tout en assurant une liaison essentielle vers la Guinée équatoriale et le Cameroun. Autrement dit, c’est tout un pan de l’économie nationale, du transport de marchandises à la mobilité des populations, qui dépend de l’état de cette voie.
Cette intervention d’urgence ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures portée par Son Excellence le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait du désenclavement des provinces et de la remise à niveau du réseau routier national l’une des priorités de son action gouvernementale. Pour les autorités, il ne s’agit pas seulement de réparer une route abîmée par le temps et le trafic des poids lourds liés à l’activité forestière, mais bien de poser les bases d’un Gabon plus connecté, où chaque province peut pleinement participer au développement économique du pays. Le ministre Edgar Moukoumbi a lui-même inscrit cette opération dans cette ambition, évoquant la volonté de bâtir « un Gabon plus connecté, plus accessible et plus moderne ».
Pour les habitants de Bifoun et de Ndjolé, ainsi que pour tous ceux qui transitent par cette voie au quotidien, ces travaux représentent bien plus qu’un simple chantier routier. Ils incarnent l’espoir de retrouver enfin une mobilité normale, de voir les trajets se raccourcir, les risques d’accidents diminuer et l’activité économique reprendre son souffle. Reste désormais à transformer cette intervention d’urgence en réhabilitation pérenne, seule garantie d’en finir durablement avec des années de calvaire sur l’un des axes les plus stratégiques du pays.