Sur dix ans, le dispositif doit permettre de mobiliser près de 200 millions de dollars, soit plus de 110 milliards de francs CFA, afin de financer des actions de conservation tout en accompagnant le développement d’activités économiques au profit des communautés locales.
À travers ce programme, le Gabon entend notamment renforcer la protection et la gestion de 7,5 millions d’hectares. Une superficie considérable qui illustre l’enjeu du dispositif dans un pays dont les forêts et les écosystèmes constituent l’un des principaux patrimoines naturels.
Le financement repose sur un montage associant des ressources publiques et des contributions internationales. Selon Stanislas Stephen Mouba, directeur de TNC, 94 millions de dollars devraient provenir de partenaires et donateurs internationaux, tandis que 86 millions seront apportés par l’État gabonais.
Le mécanisme prévoit également la création d’un fonds de dotation de 27 millions de dollars. Placés sur le long terme, ces capitaux devraient générer environ 20 millions de dollars supplémentaires au cours des dix premières années, afin de renforcer progressivement la capacité du programme à financer les actions de conservation.
Plusieurs partenaires internationaux participent à cette initiative, parmi lesquels le Bezos Earth Fund, créé par Jeff Bezos, le Fonds pour l’environnement mondial, ainsi que des organisations associées à la famille Walton, héritière du groupe Walmart.
Au-delà du montant mobilisé, « Gabon Infini » marque surtout une évolution dans la manière de financer la conservation en Afrique. Il s’agit du premier mécanisme de type « Project Finance for Permanence » conclu par The Nature Conservancy sur le continent africain.
L’ambition est claire : garantir sur plusieurs années des ressources prévisibles pour protéger les espaces naturels, mais aussi faire en sorte que les populations vivant autour de ces territoires puissent bénéficier des retombées économiques liées à leur préservation.
Avec « Gabon Infini », le Gabon cherche ainsi à inscrire la protection de sa biodiversité dans une logique de financement durable. Un pari qui consiste à faire de la conservation non plus seulement une exigence environnementale, mais également un levier de développement pour les communautés et pour l’économie nationale.
