Ce contraste révèle une évolution importante du marché du crédit : les banques réalisent davantage d’opérations, mais les montants accordés sont globalement plus faibles. En moyenne, chaque crédit représentait environ 93,9 millions de FCFA au deuxième trimestre 2025. Un an plus tard, cette moyenne est descendue à 36,2 millions de FCFA, soit une diminution d’environ 61,5 %.
Le recul se constate également par rapport au premier trimestre 2026. Après 17 793 crédits accordés entre janvier et mars, les établissements bancaires en ont distribué 14 259 au cours des trois mois suivants, soit une baisse de 19,86 %. Les nouveaux financements sont eux aussi passés de 572,7 à 515,8 milliards de FCFA, ce qui traduit un repli de près de 10 % sur le trimestre.
Derrière cette contraction globale, les bénéficiaires ne connaissent toutefois pas la même évolution. Les entreprises apparaissent comme les principales bénéficiaires de la progression des financements. Elles ont obtenu 316,1 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, contre 268,7 milliards à la même période l’année précédente, soit une hausse de 17,64 %.
Les grandes entreprises ont concentré 241,4 milliards de FCFA de nouveaux crédits. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont, quant à elles, bénéficié de 74,7 milliards de FCFA, en progression de 33,54 % sur un an. Cette évolution montre que les financements destinés au secteur productif ont augmenté, malgré la diminution de l’enveloppe globale distribuée par les banques.
La situation est différente pour les administrations publiques et les collectivités locales. Leurs nouveaux crédits ont chuté de 239,1 milliards à 146 milliards de FCFA, soit une baisse de 38,94 %. Les particuliers ont également vu les financements qui leur étaient accordés reculer, de 60,7 à 45,7 milliards de FCFA.
Mais au-delà des montants et du profil des emprunteurs, la structure même des crédits constitue un autre indicateur à surveiller. Au deuxième trimestre 2026, les financements à court terme représentaient 91,76 % des nouveaux crédits accordés au Gabon. Les crédits à moyen terme ne comptaient que pour 5,64 %, tandis que ceux à long terme se limitaient à 2,60 %.
Cette prédominance du court terme se reflète dans la forte progression des découverts bancaires. Leur montant a atteint 322,1 milliards de FCFA, contre 178,2 milliards un an auparavant, soit une hausse d’environ 81 %. À l’inverse, les crédits amortissables ont nettement reculé, passant de 366,4 à 136,9 milliards de FCFA, une diminution de près de 63 %.
Ces chiffres mettent en évidence le poids des financements de courte durée dans les nouveaux engagements bancaires. Or, les crédits à moyen et long terme sont généralement importants pour soutenir des investissements qui nécessitent davantage de temps, qu’il s’agisse d’équipements, de développement d’activités ou de projets structurants. Leur faible part dans les nouveaux financements constitue donc un élément notable de la situation du crédit au Gabon, sans suffire, à elle seule, à expliquer les raisons des choix opérés par les banques.
Autre particularité du marché : la concentration des financements entre les mains de quelques établissements. Selon la BEAC, BGFIBank représentait 70,21 % des nouveaux crédits bancaires accordés au Gabon au deuxième trimestre 2026. Citibank arrivait ensuite avec 11,38 %, tandis que chacune des autres banques détenait une part inférieure à 10 %.
Au final, le deuxième trimestre 2026 présente un double visage pour le financement bancaire au Gabon. D’un côté, le nombre de crédits accordés a plus que doublé en un an et les entreprises ont bénéficié d’une hausse des financements. De l’autre, le montant total distribué a diminué, les crédits moyens se sont réduits et les concours à long terme sont restés marginaux. Pour les entreprises, les ménages et les acteurs économiques, l’enjeu ne se limite donc pas au nombre de crédits accordés, mais aussi à leur montant, à leur durée et à leur capacité à répondre aux besoins de financement.
















































