C’est un chantier qui change discrètement le visage de Makokou, capitale provinciale de l’Ogooué-Ivindo. En pleine forêt équatoriale, à plusieurs heures de route de Libreville, la construction du futur hôtel « Le Relais de l’Ivindo » avance. Et derrière cette réalisation, c’est bien la stratégie du président Brice Clotaire Oligui Nguema qui s’écrit sur le terrain : faire du tourisme un vrai levier de développement, loin des seuls centres urbains.

L’établissement, pensé comme un complexe moderne, comptera 32 chambres, dont une suite présidentielle, ainsi qu’un restaurant et des espaces de réception. Jusqu’ici, dans cette région au potentiel naturel exceptionnel, aucune infrastructure d’accueil de haut standing ne permettait de recevoir convenablement visiteurs, investisseurs ou responsables en mission. « Le Relais de l’Ivindo » vient combler ce vide.
Car l’Ogooué-Ivindo ne manque pas d’atouts. Le parc national de l’Ivindo, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire les amoureux de nature sauvage. Les célèbres chutes de Kongou et de Mingouli figurent parmi les plus spectaculaires d’Afrique centrale. Mais faute d’hébergements de qualité, la manne touristique peinait à profiter à l’économie locale.
Avec ce projet, les autorités espèrent enclencher une dynamique durable : attirer davantage de voyageurs, prolonger leur séjour, et surtout valoriser les richesses naturelles sans les dégrader. L’hôtel veut s’inscrire dans une logique de tourisme raisonné, respectueux de l’environnement.
Sur le plan local, les retombées ne se feront pas attendre, promet-on du côté de la province. Création d’emplois directs et indirects, montée en puissance des services (transport, restauration, artisanat), meilleure capacité à accueillir des séminaires ou des événements professionnels… L’objectif est clair : que l’hôtel devienne un moteur pour toute une économie de proximité.
À l’échelle nationale, l’opération illustre une ambition plus large. Sous l’impulsion du chef de l’État, le Gabon cherche à diversifier son économie encore très dépendante du pétrole. Le tourisme, longtemps sous-exploité, est désormais considéré comme une filière prioritaire. « Le Relais de l’Ivindo » n’est donc pas un projet isolé : c’est un symbole. Celui d’une province qu’on sort de l’ombre, et d’une vision où le développement passe aussi par l’accueil, l’hospitalité et la mise en valeur du territoire.