Alors que l’insertion professionnelle des jeunes et le développement des compétences figurent parmi les grands défis économiques du Gabon, les crédits consacrés au travail, à l’emploi et à la formation professionnelle connaîtraient une progression particulièrement faible en 2027. Selon les données du projet de loi de finances (PLF), l’enveloppe globale passerait de 27,30 milliards de FCFA en 2026 à 27,42 milliards en 2027. Soit une augmentation de seulement 122,36 millions de FCFA, correspondant à une hausse de 0,45 %.
Derrière cette évolution limitée se cachent des choix budgétaires contrastés. Si les moyens destinés à la promotion de l’emploi et du travail décent progressent, ceux consacrés à la formation professionnelle enregistrent un recul. Une situation qui soulève des interrogations sur les ressources réellement mobilisées pour accompagner les demandeurs d’emploi, renforcer les qualifications et rapprocher les formations des besoins des entreprises.
Le programme consacré à la promotion de l’emploi et du travail décent bénéficie de l’évolution la plus favorable. Ses crédits passeraient de 7,74 milliards à 8,48 milliards de FCFA, soit une hausse de 736,81 millions, représentant près de 9,5 %. Cette progression concerne notamment les dépenses de fonctionnement, les transferts et les investissements, qui augmentent respectivement de 490 millions, 427,06 millions et 471,22 millions de FCFA.
En revanche, les dépenses de personnel de ce programme diminueraient de 655,90 millions pour s’établir à 3,23 milliards de FCFA. Le document budgétaire prévoit également 1,26 milliard de FCFA de ressources additionnelles, entièrement orientées vers les dépenses de biens et services. Reste à savoir quels dispositifs bénéficieront concrètement de ces moyens supplémentaires et combien de jeunes ou de demandeurs d’emploi pourront en profiter.
La situation est différente pour la formation professionnelle, qui représente à elle seule près de 63,7 % du budget de la mission. Son enveloppe passerait de 17,94 milliards de FCFA en 2026 à 17,47 milliards en 2027, soit une diminution de 467,40 millions.
Le principal recul concerne les investissements. Ceux-ci seraient ramenés de 6,65 milliards à 5,65 milliards de FCFA, soit une baisse d’un milliard. Les dépenses de personnel diminueraient également de 541,09 millions pour atteindre 5,50 milliards. À l’inverse, les crédits de fonctionnement progresseraient de 413,98 millions, tandis que les transferts bénéficieraient de 659,76 millions supplémentaires.
Cette réduction des investissements pose notamment la question des moyens disponibles pour moderniser les centres de formation, renouveler les équipements techniques et développer des filières adaptées aux évolutions du marché du travail. Les tableaux du PLF ne précisent toutefois pas les établissements concernés ni les projets susceptibles d’être affectés par cette baisse.
Les arbitrages se retrouvent également dans les dépenses globales de la mission. Les crédits de personnel reculeraient de 1,10 milliard de FCFA, tandis que les investissements diminueraient de 528,82 millions. En parallèle, les dépenses de biens et services progresseraient de 670 millions et les transferts augmenteraient de 1,09 milliard. Le programme chargé du pilotage et du soutien des politiques du travail et de la formation professionnelle connaîtrait, lui aussi, une baisse de 147,06 millions, avec une enveloppe ramenée à 1,47 milliard de FCFA.
Au final, la hausse globale annoncée pour 2027 masque donc une répartition différente des moyens entre les programmes. La promotion de l’emploi gagne des ressources, mais la formation professionnelle voit notamment ses capacités d’investissement réduites. Un contraste important dans un pays où la qualification des jeunes et leur accès à un emploi durable restent des préoccupations majeures.
Au-delà des montants inscrits dans le projet de budget, la question sera celle des résultats obtenus sur le terrain. Combien de jeunes pourront bénéficier d’une formation qualifiante ? Quels moyens seront consacrés à leur insertion ? Quels centres seront modernisés et quelles entreprises seront associées aux dispositifs ? Autant d’indicateurs qui permettront d’apprécier l’efficacité des choix budgétaires, au-delà de la seule progression de 0,45 % prévue pour cette mission en 2027.
