Dans son diagnostic, le document met en évidence d’importantes disparités entre les zones urbaines et rurales, ainsi que des infrastructures qui peinent encore à répondre pleinement aux besoins des populations.
En matière d’électricité, l’écart reste particulièrement marqué. Alors que le taux d’électrification atteint environ 92 % dans les centres urbains, il chute à 40 % dans les zones rurales. À l’échelle nationale, la capacité installée est estimée à 740 MW, pour des besoins qui atteignent environ 1 100 MW. Un déficit de production qui contribue aux délestages et perturbe aussi bien les ménages que les activités économiques.
Le PNCD relève également la forte dépendance du Gabon aux énergies fossiles, qui représentent 65 % du mix énergétique national. Cette situation expose le pays aux variations des prix des carburants, alors même que son potentiel hydroélectrique reste largement inexploité. Seulement 13 % de ce potentiel serait actuellement valorisé.
Le réseau électrique présente lui aussi des limites. Les 694 kilomètres de lignes à haute tension et les 23 postes sources recensés génèrent des pertes techniques comprises entre 8 % et 12 %. Ces contraintes compliquent notamment le développement des énergies renouvelables et l’interconnexion du réseau à l’échelle nationale.
Le constat est également préoccupant pour l’eau potable. Si 93 % de la population urbaine est théoriquement couverte, seuls 58 % des habitants sont effectivement raccordés au réseau de distribution. À cela s’ajoutent d’importantes pertes : plus de 40 % des quelque 320 000 m³ d’eau distribués chaque jour ne parviennent pas efficacement aux usagers.
Dans les zones rurales, l’accès reste encore plus difficile. L’approvisionnement repose principalement sur près de 2 000 points d’eau manuels répartis sur le territoire, tandis que plusieurs localités ne disposent toujours pas de mini réseaux d’adduction d’eau.
À travers ce diagnostic, le PNCD 2026 2030 place donc la modernisation des infrastructures au cœur des priorités. Le renforcement des investissements, l’amélioration de la gouvernance et le développement de solutions adaptées aux réalités des territoires doivent permettre de réduire les écarts entre les populations et d’améliorer durablement leur accès aux services essentiels.
L’enjeu pour les prochaines années sera ainsi de transformer ces constats en réalisations concrètes, afin que l’accès à l’eau potable et à une électricité fiable ne reste plus une réalité très différente selon que l’on vive en ville ou en zone rurale.

















































