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Gabon : la BEAC appelle à renforcer SOGARA pour limiter la dépendance aux carburants importés

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Dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés internationaux de l’énergie, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) tire la sonnette d’alarme sur la vulnérabilité de la sous région face à sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés. Dans sa note consacrée à l’évolution de l’inflation dans la CEMAC à fin mars 2026 et aux perspectives à court et moyen termes, l’institution recommande notamment au Gabon d’accélérer la modernisation de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA), afin de renforcer les capacités nationales de transformation du pétrole brut.

Malgré son statut de producteur de pétrole, le Gabon reste confronté à une réalité paradoxale : le pays extrait du brut mais demeure largement dépendant des importations d’essence, de diesel et d’autres produits raffinés. Une situation qui expose l’économie nationale aux fluctuations des prix internationaux, particulièrement en période de tensions géopolitiques. La fermeture du détroit d’Ormuz et les perturbations liées au conflit au Moyen Orient ont notamment contribué à une hausse des marges de raffinage, augmentant le coût des produits finis.

Pour répondre à cette fragilité, la BEAC préconise l’acquisition d’un hydrocraqueur destiné à la raffinerie SOGARA de Port Gentil. Cet équipement permettrait à l’unique raffinerie du pays de traiter davantage de brut gabonais et de produire localement une partie importante des carburants nécessaires au marché intérieur. À terme, cette capacité pourrait également ouvrir la voie à l’exportation de produits raffinés vers d’autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.

Selon la banque centrale, le développement des capacités de raffinage locales représente un enjeu économique majeur pour les États producteurs de pétrole. La production pétrolière de la CEMAC, passée de 40 millions de tonnes en 2021 à 38,2 millions de tonnes en 2025, limite les gains supplémentaires que les pays pourraient tirer de la hausse des cours du pétrole brut. La transformation locale apparaît ainsi comme un moyen de capter davantage de valeur ajoutée sur les ressources exploitées.

La BEAC souligne également que la situation budgétaire régionale s’est dégradée ces dernières années. Le déficit du solde budgétaire de la CEMAC est passé de 1 034,5 milliards de FCFA en 2022, soit 1,7 % du PIB, à 3 825,8 milliards de FCFA en 2025, représentant 4,8 % du PIB. Dans ce contexte, réduire les importations de produits raffinés pourrait contribuer à alléger la pression financière sur les économies de la région.

Au delà du cas gabonais, la BEAC encourage les États membres à développer des solutions de financement adaptées pour accompagner ces projets industriels stratégiques. Pour le Gabon, la recommandation de la banque centrale place une nouvelle fois la modernisation de SOGARA au cœur des enjeux liés à la souveraineté énergétique et à la sécurisation de l’approvisionnement national.

La mise en œuvre concrète de cette orientation dépendra désormais des choix budgétaires et des décisions des autorités gabonaises, notamment dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances 2027.

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