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Gabon : La crise énergétique menace Libreville – Karpowership sur le point de couper 150 MW pour cause d’impayés

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Cette décision met en lumière un conflit financier majeur entre l’entreprise turque et l’État gabonais, lié à des créances impayées.

Une crise financière et énergétique

Au cœur de cette crise se trouve une dette de 15 milliards FCFA, que l’État gabonais n’a pas pu régulariser malgré plusieurs mois de négociations. Karpowership, bien qu’ayant accepté de prolonger la fourniture d’électricité par esprit de coopération, ne peut plus se permettre de maintenir cette situation. Le dernier paiement reçu, un acompte de 5 milliards FCFA, reste insuffisant pour couvrir les coûts d’exploitation et de maintenance du navire-centrale qui fournit l’électricité à Libreville Sud.

Malgré une rencontre en février 2025 entre le Président Oligui Nguema et la direction de Karpowership, où des engagements financiers avaient été pris pour garantir la continuité du service, les promesses n’ont pas été honorées. L’entreprise, fatiguée par l’impasse, annonce donc une suspension complète de sa production dans les prochaines heures, avec un impact direct sur la capitale gabonaise.

Conséquences immédiates pour Libreville

L’arrêt de cette production pourrait entraîner des délestages massifs à travers Libreville, notamment dans le secteur Sud. 150 MW représentent une part importante de la production énergétique de la ville, et sans compensation rapide, cela entraînera un déficit énergétique qui pourrait se traduire par un black-out partiel de plusieurs zones de la capitale.

Ce scénario expose non seulement les habitants de Libreville à des pannes d’électricité récurrentes, mais aussi à des dérèglements économiques. L’industrie locale, les commerçants et les services publics pourraient se retrouver dans une impasse, mettant en péril la vie quotidienne des Gabonais.

La SEEG dans l’impasse technique

Cette crise ne touche pas seulement les finances, mais aussi les capacités techniques de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), qui se retrouve dans l’incapacité de compenser une perte aussi importante de production. Selon des sources proches du dossier, la SEEG n’a pas les moyens d’adapter rapidement le réseau pour éviter des interruptions massives.

Une dernière chance de négociation ?

Le représentant de Karpowership, Cagdas Sevik, a exprimé sa volonté de discuter à nouveau pour éviter une rupture totale, mais l’horloge tourne. La clé de la solution réside dans la réactivité des autorités gabonaises, notamment du Trésor public, qui devra intervenir rapidement pour trouver un compromis avant la date fatidique.

En l’absence d’une réponse rapide, le Gabon pourrait se retrouver face à une crise énergétique d’une ampleur jamais vue, avec des répercussions dramatiques pour ses citoyens et son économie.

Une crise qui dépasse le cadre énergétique

Au-delà des aspects techniques et financiers, cette crise soulève des questions cruciales sur la gestion des finances publiques et la gouvernance. Pourquoi l’État gabonais a-t-il tardé à régler cette dette ? Quelle sera l’impact de cette situation sur la confiance des investisseurs étrangers et sur la politique énergétique du pays ?

Le Gabon se trouve à un carrefour décisif. Les décisions prises dans les prochaines heures détermineront non seulement l’avenir de la relation avec Karpowership, mais aussi l’équilibre énergétique du pays dans les mois à venir.

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