Un dossier très médiatisé, qualifié de “procédure test”, qui pourrait établir un précédent pour des milliers d’autres affaires similaires à travers les États-Unis.
Au cœur de la plainte se trouve le témoignage de Kaley G.M., une jeune femme de 20 ans. Elle raconte avoir été exposée à YouTube dès l’âge de 6 ans et avoir ouvert son compte Instagram à 11 ans. Son usage compulsif des plateformes a contribué à des problèmes graves de santé mentale : dépression, anxiété et idées suicidaires, des symptômes malheureusement partagés par de nombreuses autres familles.
L’avocat de Kaley, Mark Lanier, accuse Meta et Google de « fabriquer des addictions dans les cerveaux des jeunes », pointant du doigt des pratiques telles que les algorithmes de recommandation, les notifications incessantes et la lecture automatique des vidéos. Il les compare aux techniques employées par l’industrie du tabac pour rendre ses consommateurs dépendants. Ces accusations s’appuient sur un document interne présenté au tribunal, lequel révèle que Meta avait établi des objectifs de temps d’utilisation pour les adolescents, visant 40 minutes par jour en 2023, et 46 minutes pour 2026. Mark Zuckerberg, fondateur de Meta, a tenté de minimiser ces chiffres, les qualifiant d’indicateurs de satisfaction. Toutefois, ce document a fragilisé sa défense, dévoilant que peu d’adolescents utilisaient les fonctions permettant de limiter leur temps d’écran.
Ce procès a des répercussions bien au-delà des États-Unis. En Europe, la France a récemment adopté une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, prévue pour entrer en vigueur dès 2026. Au Gabon, les autorités politiques et la société civile mènent également des discussions sur la régulation des plateformes numériques, soulignant l’importance d’une action globale.
Les enjeux sont énormes. Si les accusations de dépendance sont confirmées, cela pourrait remettre en cause la manière dont les réseaux sociaux sont conçus et régulés dans le monde entier. Ce procès pourrait bien redéfinir les responsabilités des plateformes numériques, tout en offrant une nouvelle perspective sur les conséquences sur la santé mentale et la protection des jeunes utilisateurs.
