Le potentiel du sous sol gabonais continue de se révéler. Dans le sud du pays, le projet de potasse de Banio affiche désormais des volumes de ressources qui placent le site parmi les projets miniers particulièrement suivis dans le pays.
Selon les dernières estimations de Millennial Potash, les ressources identifiées dépassent aujourd’hui les 6 milliards de tonnes. Elles se répartissent entre environ 648,2 millions de tonnes de ressources mesurées, 1,8 milliard de tonnes de ressources indiquées et 3,56 milliards de tonnes de ressources inférées.
Cette évolution marque une nette progression par rapport à la première estimation publiée en janvier 2024. À cette époque, le projet faisait état d’environ 657 millions de tonnes de ressources indiquées et 1,159 milliard de tonnes de ressources inférées, soit près de 1,8 milliard de tonnes au total.
En un peu plus de deux ans, le volume de ressources annoncé a donc considérablement augmenté. Une évolution qui attire forcément l’attention alors que le Gabon cherche à élargir sa base minière au delà du manganèse et à mieux valoriser ses ressources naturelles.
Il convient toutefois de faire une distinction importante : 6 milliards de tonnes de ressources ne signifient pas que cette quantité pourra être intégralement extraite. Les prochaines études devront déterminer quelle part de ces ressources est techniquement exploitable et dans quelles conditions économiques.
Le potentiel pourrait néanmoins être encore plus important. Le 26 août dernier, Millennial Potash a annoncé de nouveaux résultats de forage particulièrement encourageants. Une campagne menée jusqu’à 674 mètres de profondeur a permis d’intercepter environ 80 mètres cumulés de potasse.
Autre élément notable : le forage a été réalisé en dehors de la zone actuellement utilisée pour établir l’estimation des ressources. Cette découverte pourrait donc contribuer à élargir davantage les limites connues du gisement.
Une nouvelle estimation des ressources est d’ailleurs attendue avant la fin de l’année 2026. Elle devrait permettre de mesurer plus précisément l’évolution du potentiel de Banio à la lumière de ces nouvelles données.
La localisation du projet constitue également un atout. Les recherches progressent vers la façade atlantique, alors que le site de Banio se situe à environ 60 kilomètres de l’océan. Le dernier forage a notamment été effectué dans une zone plus proche de la côte et du futur site portuaire envisagé dans le cadre du développement du projet.
Pour une future exploitation minière destinée à produire d’importants volumes, cette proximité avec les infrastructures portuaires pourrait jouer un rôle déterminant. Le transport du minerai représente en effet l’un des paramètres essentiels de la compétitivité d’un projet de cette envergure.
Mais avant de parler de production industrielle, plusieurs étapes restent encore à franchir. Millennial Potash poursuit les travaux techniques et les études destinées à déterminer les conditions de développement du gisement, les infrastructures nécessaires ainsi que le niveau d’investissement requis.
Une étude de faisabilité doit notamment être finalisée d’ici la fin de l’année 2026. Elle constituera une étape majeure pour passer de l’évaluation du potentiel géologique à une vision plus concrète de la future exploitation de Banio.
Pour le Gabon, l’enjeu dépasse ainsi la seule découverte de nouvelles ressources. La potasse pourrait devenir un nouvel élément de la stratégie de diversification minière du pays.
Le Gabon dispose déjà d’une importante industrie du manganèse et entend renforcer sa transformation locale. Dans le secteur du fer, le projet de Bélinga nourrit également de grandes ambitions. La potasse pourrait ainsi venir compléter progressivement cette nouvelle génération de projets destinés à élargir les sources de revenus miniers du pays.
Utilisée principalement dans la fabrication d’engrais agricoles, la potasse bénéficie par ailleurs d’un marché international important. Si les prochaines études confirment la viabilité économique du projet, Banio pourrait donc ouvrir une nouvelle perspective pour le secteur minier gabonais.
Pour l’heure, le projet n’est pas encore au stade de la production. Mais avec des ressources désormais estimées à plus de 6 milliards de tonnes et des forages qui continuent de révéler le potentiel du sous sol, Banio s’impose progressivement comme l’un des projets à suivre dans la future carte minière du Gabon


















































