La Direction générale de l’emploi a rendu publics les résultats de sa deuxième enquête nationale sur l’emploi et le chômage au sein du Gabon, intitulée « L’emploi, le chômage et les conditions d’activité au Gabon en 2024 ». Le rapport dresse un tableau contrasté du marché du travail, marqué par des difficultés persistantes d’insertion, en particulier chez les jeunes.
Selon les données publiées, le taux de chômage national atteint 17 % en 2024. Les jeunes de 15 à 24 ans restent les plus touchés, avec un taux qui grimpe à 34,5 %, soit largement au-dessus de la moyenne nationale.
L’étude révèle également que seulement 40 % des personnes en âge de travailler occupent effectivement un emploi. Un chiffre qui traduit un décalage persistant entre la formation et les besoins réels du marché du travail, notamment dans les filières techniques et professionnelles.
L’un des enseignements majeurs de l’enquête concerne la répartition territoriale de l’emploi. En zone rurale, le taux d’emploi atteint 54,4 %, un niveau nettement supérieur à celui observé dans les grandes villes.
Cette dynamique s’explique en grande partie par le poids des activités agricoles, commerciales et informelles, qui constituent souvent la principale source de revenus dans les zones rurales.
À l’inverse, les centres urbains comme Libreville, Port-Gentil, Owendo et Akanda affichent des niveaux d’emploi inférieurs à la moyenne nationale. Ces chiffres mettent en lumière une concentration du chômage en milieu urbain, révélatrice des limites actuelles de la croissance économique et de la faible capacité d’absorption du marché pour les jeunes diplômés.
L’enquête souligne également des écarts persistants entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. Le taux d’emploi s’établit à 49,2 % chez les hommes, contre 33,5 % chez les femmes.
Une situation qui confirme les obstacles structurels auxquels les femmes continuent de faire face en matière d’accès à l’emploi. Une exception notable est toutefois observée dans la province de l’Ogooué-Ivindo, où les femmes enregistrent un taux d’emploi légèrement supérieur à celui des hommes (52,8 % contre 51,7 %).
Face à ces déséquilibres persistants (chômage des jeunes, inégalités territoriales et disparités de genre), les analystes estiment que la diversification de l’économie demeure une priorité pour améliorer durablement l’accès à l’emploi et réduire les fractures sociales.
