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Gabon : plus de 300 participants, des débats interminables et des compromis décisifs, Mborantsuo raconte les coulisses de la Constitution de 1990

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Invitée de l’émission Mémoire d’une nation, diffusée le 6 octobre 2026 sur Gabon 1ère, l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle a partagé ses souvenirs de la Conférence nationale. Face à Christian Kombila, elle a notamment évoqué sa participation aux travaux en tant que représentante de l’Association des femmes juristes, au sein de la commission chargée des institutions.

À cette époque, le Gabon se trouvait à un tournant de son histoire politique. Les revendications en faveur du changement imposaient de repenser l’organisation du pouvoir et de préparer de nouvelles institutions. Mais transformer ces aspirations en un texte juridique commun n’avait rien de simple.

Présidée par Simon Oyono Aba, la commission des institutions rassemblait, selon le témoignage de Marie Madeleine Mborantsuo, plus de 300 participants issus de différents horizons. Leur mission consistait notamment à élaborer une Constitution transitoire destinée à accompagner la sortie du monopartisme et à préparer un nouvel ordre institutionnel.

Les discussions pouvaient s’étirer pendant des heures, tant les positions divergeaient sur certaines dispositions. Chaque participant entendait défendre sa vision des futures institutions, dans un contexte où la liberté de parole retrouvée donnait une intensité particulière aux échanges.

« On pouvait passer toute une journée sur un seul alinéa », a raconté Marie Madeleine Mborantsuo. Une illustration des difficultés rencontrées par les membres de la commission, contraints de trouver un terrain d’entente sur des questions déterminantes pour l’avenir politique du pays.

Face à ces blocages, Simon Oyono Aba a mis en place une sous commission restreinte chargée de faire avancer les discussions et de proposer des formulations susceptibles de recueillir un accord plus large. Parmi les personnalités citées par l’ancienne magistrate figurent Agondjo Okawe, Jules Bourdes Ogouliguende, Henry Mincko et Pierre Claver Maganga Moussavou.

Cette démarche devait permettre de dépasser les désaccords et de parvenir à un compromis acceptable par les différentes composantes de la Conférence nationale. L’enjeu était de traduire les revendications politiques en règles institutionnelles capables d’encadrer la transition.

Selon le récit livré par Marie Madeleine Mborantsuo, le texte transitoire a finalement été adopté le 22 mai 1990 par un collège réunissant l’Assemblée nationale et le Comité central du Parti démocratique gabonais (PDG).

À travers ce témoignage, l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle remet en lumière une étape essentielle de l’histoire politique gabonaise : derrière la fin du monopartisme, il y a également eu des discussions complexes, des désaccords et des compromis juridiques. Un travail moins visible que les grandes déclarations politiques, mais déterminant dans la préparation des nouvelles institutions du pays

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