Le Gabon vend toujours l’essentiel de ses marchandises en dehors du continent africain. Selon le rapport annuel 2025 d’Afreximbank, les exportations gabonaises ont atteint 11,26 milliards de dollars, mais seulement 990 millions de dollars ont été générés par les ventes vers les autres pays africains. Autrement dit, moins de 9 % des exportations du pays prennent la direction des marchés du continent, un résultat qui contraste avec les ambitions d’intégration économique portées par la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAf).
Les chiffres révèlent une évolution préoccupante pour les échanges régionaux du Gabon. En 2025, les exportations totales du pays ont progressé de 2,47 %, tandis que celles destinées aux marchés africains ont diminué de 4,25 %. Leur valeur est passée de 1,03 milliard de dollars en 2024 à 990 millions de dollars en 2025. Cette évolution montre que la progression des ventes à l’international ne profite pas de la même manière aux partenaires commerciaux africains.
Le recul s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années. En 2023, les exportations gabonaises vers le continent s’élevaient à 1,25 milliard de dollars. Elles sont ensuite tombées à 1,03 milliard en 2024, avant de passer sous la barre du milliard de dollars en 2025. En deux ans, le pays a ainsi perdu environ 260 millions de dollars de ventes vers les marchés africains, soit une baisse proche de 21 %.
La tendance se retrouve dans la valeur globale des échanges commerciaux avec le continent, importations comprises. Celle ci est passée de 1,48 milliard de dollars en 2023 à 1,24 milliard en 2025. Cette contraction témoigne d’un ralentissement des relations commerciales intra africaines du Gabon en valeur, même si ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d’en déterminer les causes précises.
Le contraste est d’autant plus marqué que le commerce entre pays africains a progressé à l’échelle continentale. Toujours selon Afreximbank, les échanges de marchandises entre économies africaines ont augmenté de 10,94 % en 2025, pour atteindre 222,2 milliards de dollars. Le marché continental a ainsi gagné en valeur alors que les exportations gabonaises à destination de cette même zone ont poursuivi leur repli.
Pour le Gabon, ces données soulèvent la question de la place de ses produits dans les échanges régionaux. La ZLECAf ambitionne de faciliter le commerce entre les économies africaines et d’élargir les débouchés des entreprises du continent. Mais l’existence de ce marché commun ne garantit pas, à elle seule, une hausse des exportations : l’offre disponible, la compétitivité des produits, les coûts logistiques et l’accès aux marchés peuvent également peser sur les échanges.
L’enjeu consiste désormais à mieux valoriser la production gabonaise auprès des partenaires africains et à identifier les obstacles qui limitent les ventes régionales. Alors que le commerce intra africain progresse globalement, la capacité du Gabon à inverser cette tendance sera déterminante pour diversifier ses débouchés et tirer davantage parti de l’intégration économique du continent.
