C’est un signal fort envoyé en direction de la souveraineté nationale. Les députés membres de la Commission des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Défense nationale et de l’Intégration régionale ont examiné un projet de loi portant création d’un atelier national de confection des uniformes des Forces de défense et de sécurité. Un texte qui traduit, dans les faits, une ambition portée depuis plusieurs mois au plus haut niveau de l’État.
C’est la ministre d’État en charge de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, qui a défendu ce projet devant les parlementaires. Face aux élus, elle a souligné que l’augmentation des effectifs militaires et sécuritaires avait entraîné une hausse significative des besoins en équipements, rendant indispensable la mise en place d’une capacité de production nationale. Un constat pragmatique, mais aussi un message politique clair : le Gabon ne peut plus se permettre de dépendre indéfiniment de fournisseurs étrangers pour habiller ses soldats.
Conçu comme un service d’appui et de soutien à vocation technique et technologique, cet atelier aurait pour mission principale de mettre en œuvre la politique de défense en matière d’habillement militaire. Au-delà de l’aspect logistique, c’est bien une question d’autonomie stratégique qui se pose. Chaque tenue achetée à l’étranger représente une dépendance, une vulnérabilité, et des devises qui quittent le territoire national. Avec cet atelier, le gouvernement entend inverser cette logique.
Les parlementaires ont globalement accueilli favorablement l’initiative, plusieurs d’entre eux affichant leur soutien au texte. Mais l’enthousiasme ne s’est pas fait sans exigences. Les députés ont souhaité obtenir des garanties sur la qualité des uniformes qui seront produits ainsi que sur la maîtrise des coûts de fonctionnement de la future structure. Des interrogations légitimes, qui témoignent d’une volonté de ne pas reproduire les écueils qui ont souvent fragilisé les projets publics gabonais : bonnes intentions au départ, résultats décevants à l’arrivée.
Le gouvernement, par la voix de Brigitte Onkanowa, a tenu à rassurer. L’atelier permettrait d’assurer un approvisionnement régulier des forces de défense, de renforcer l’autonomie logistique du pays et de mieux contrôler les dépenses liées à l’habillement militaire. Des arguments économiques et stratégiques qui ont visiblement convaincu, puisque le texte a été transmis en commission ad hoc pour finalisation, avant son adoption définitive.
Ce projet s’inscrit dans la dynamique de refondation nationale portée par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema. Doter le Gabon d’un outil de production local pour ses forces armées, c’est aussi affirmer que la sécurité nationale commence par la capacité d’un pays à subvenir lui-même à ses besoins les plus essentiels. Le chemin vers l’adoption est désormais balisé. Reste à transformer l’ambition législative en réalité concrète sur le terrain.
