Lors du Conseil des Ministres tenu ce jeudi 26 février 2026, le Chef de l’État n’y est pas allé de main morte avec son équipe. Entre rappel à l’ordre sur la solidarité gouvernementale et nouvelles directives strictes pour les nominations, Brice Clotaire Oligui Nguema a sifflé la fin de la récréation, érigeant la « géocompétence » en nouveau dogme d’État.
Le huis clos du Palais de la Présidence a pris des allures de conseil de discipline ce jeudi.
L’intervention de Brice Clotaire Oligui Nguema a été consacrée en partie à un recadrage en règle de l’équipe gouvernementale.
Le communiqué final, au ton martial, indique que le Chef de l’État a « rappelé avec autorité les membres du Gouvernement à leurs obligations fondamentales ».
Un euphémisme diplomatique qui cache mal une réelle insatisfaction au sommet de l’État.
Cohésion et anticipation
Première cible de la colère présidentielle, le manque de cohésion et de réactivité.
En justifiant la coupure d’accès à certains réseaux sociaux, le Président avait déjà pointé une « coordination insuffisante » et un « déficit d’anticipation » des ministères face aux campagnes de diffamation.
Une inertie qui a contraint la Présidence à prendre des mesures d’urgence impopulaires.
En fin de séance, la consigne est donc tombée, sèche, il faut « renforcer la coordination gouvernementale ».
Le Chef de l’État exige désormais une « prise en charge collégiale des dossiers stratégiques » et un « suivi rigoureux » des décisions arrêtées.
Fini le travail en silo, l’heure est à la solidarité de façade et d’action.
La « géocompétence » : le nouveau filtre de la République
Mais le véritable fait marquant de ce Conseil réside dans la doctrine fixée pour les futures nominations.
Brice Clotaire Oligui Nguema a théorisé un nouveau concept, celui de la « géocompétence ».
Fustigeant en creux les nominations de complaisance, le Président a insisté sur l’exigence « d’exemplarité, de compétence et d’équilibre ».
La géocompétence est ainsi définie comme « l’articulation entre mérite avéré et représentativité nationale harmonieuse ».
En clair, le Gabon doit en finir avec le clientélisme aveugle, tout en s’assurant qu’aucune province ou composante de la Nation ne soit laissée sur le bord de la route.
L’équilibre géopolitique, oui, mais à condition que le CV suive.
Pour s’assurer que le message soit bien passé, le locataire du Palais Rénovation a brandi une ultime menace en forme de promesse.
Brice Clotaire Oligui Nguema veillera « personnellement à la qualité, à la rigueur et à l’équilibre des choix opérés » par ses ministres dans le choix de leurs collaborateurs.
Sous haute surveillance, le Gouvernement sait désormais que chaque dossier et chaque nomination sera passé au crible
