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Le secteur minier gabonais s’apprête à franchir un cap historique. Selon les informations contenues dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, la production nationale d’or devrait passer de 400 à 800 kilogrammes cette année. Ce doublement, rendu possible par une montée en puissance des activités aurifères, intervient dans un contexte international porteur, où les cours du métal jaune flirtent avec des sommets. Une aubaine pour les caisses de l’État et un signal fort envoyé aux investisseurs.

Si le pétrole reste encore le pilier de l’économie gabonaise, les autorités multiplient les signaux pour diversifier les sources de revenus. L’or, longtemps resté dans l’ombre des hydrocarbures, sort aujourd’hui du giron artisanal pour entrer dans une logique industrielle plus affirmée. Les provinces de l’Ogooué-Ivindo et de la Ngounié concentrent l’essentiel de cette exploitation, où plusieurs permis et sites aurifères voient leur cadence s’accélérer depuis 2023.

Derrière ces chiffres, c’est toute une stratégie de développement minier que Son Excellence le président de la République a voulu impulser. L’objectif est clair : faire des ressources du sous-sol un levier de croissance durable, au même titre que le manganèse ou le bois. Encore faut-il que cette manne bénéficie réellement au pays. C’est là qu’intervient le volet fiscal et institutionnel, jugé crucial par les experts.

Le gouvernement mise sur la transparence pour rassurer. Le Gabon, membre actif de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), affiche sa volonté de mieux encadrer les flux financiers issus de l’orpaillage et des sociétés minières. En clarifiant les règles et en renforçant les contrôles, l’exécutif espère attirer des partenaires internationaux exigeants, tout en évitant les dérives observées ailleurs sur le continent.

Ce doublement de la production aurifère n’est donc pas qu’une simple révision technique. C’est un test grandeur nature pour la politique de diversification du Gabon. Si les recettes supplémentaires sont au rendez-vous et que les mécanismes de redistribution jouent leur rôle, le pays pourrait progressivement réduire sa dépendance aux cours fluctuants du brut. Reste à transformer l’essai : l’or brille, mais encore faut-il que tout le pays en ressente les reflets.

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